Novembre 2021, Des livres pour Noël Prix littéraires et nouveautés
Le 27 novembre 2021 | 0 Commentaires

Les grands Prix littéraires 2021 ont tous été décernés. Nous avions fait la revue de la plupart de ces livres, sauf du Goncourt !
Beaucoup de nouveautés pour ce mois de novembre, des bandes dessinées, dont Les Strates, le dernier Pénélope Bagieu, des essais et d’autres livres, feront de beaux cadeaux de Noël. Avant de revenir sur les livres qui ont été primés, c’est d’un livre événement qui vient tout juste de paraître dont nous allons vous parler: Le temps perdu, de Marcel Proust. Il s’agit du premier volume des Intermittences du cœur, première version du premier tome d’un ensemble que Proust renommera À la recherche du temps perdu.

Le temps perdu, Marcel Proust

Le temps perdu
Marcel Proust
Édition établie, présentée et annotée par Jean-Marc Quaranta
Bouquins, La Collection
Date de parution : 18 novembre 2021
ISBN : 9782382920688, 1088 pages, 32.27€

Contrairement à une légende tenace, Du coté de chez Swann n’a jamais été refusé, ni par Gallimard, ni par Fasquelle, ni par Ollendorf. Le manuscrit dactylographié que Marcel Proust a remis à ces éditeurs n’est pas celui qui sera publié par Grasset à compte d’auteur. Plus exactement, c’est un manuscrit profondément modifié qui sera remis, en 1913, à Bernard Grasset, jeune et brillant éditeur d’une trentaine d’années. Bernard Grasset, dont la maison d’éditions, créée quelques années plutôt, en 1907, a déjà publié deux prix Goncourt et plusieurs romans à succès, « lancera » d’autres jeunes auteurs comme Henry de Montherlant, François Mauriac ou Paul Morand. Mais la maison de Bernard Grasset a une autre spécialité : la publication à compte d’auteur; Bernard Grasset publiera ainsi Du côté de chez Swann sans l’avoir lu. Ce seront les conditions financières offertes par Proust, conditions particulièrement généreuses, qui convaincront
Bernard Grasset de publier le premier tome de La recherche.
En novembre 1912 Proust remet à Eugène Fasquelle, éditeur de Zola, de Flaubert et de Maupassant, sur la recommandation, très appuyée, de Gaston Calmette, directeur du Figaro, un manuscrit dactylographié de 712 pages. Et quel manuscrit ! Presque toutes les pages sont couvertes de ratures, d’ajouts, le plus souvent manuscrits, des pages entières sont collées, ajoutées au texte, la pagination elle-même est chaotique, tout cela rend la lecture du manuscrit très difficile. Un second manuscrit sera remis à Gallimard. Ce second manuscrit est encore plus malmené par Proust. Très rapidement, André Gide et Jean Schlumberger, qui s’en partagent la lecture, s’épuisent et renoncent. Influencés, défavorablement, par la personnalité et la réputation de Marcel Proust, considéré, dans ces années-là, comme un mondain, dilettante et précieux, ils ne feront que survoler l’ouvrage et Gallimard le refusera. Les regrets de Gide sont célèbres « Le refus de ce livre restera  (…) l’un des regrets, des remords les plus cuisants de ma vie.  » Gallimard parviendra, par la suite, à convaincre Proust de lui confier la publication de ses livres et il deviendra l’éditeur de La recherche.
Mais le livre refusé par Gide n’est pas celui qui sera publié par Grasset, et beaucoup s’en faut ! Le manuscrit qui sera remis à la composition, à laquelle trente-cinq typographes s’attellent, est dans un tel état que leur tâche est cauchemardesque. Après un travail laborieux et difficile, le nombre de modifications, ajouts, suppressions etc. est si considérable que la décision de tout recommencer est prise (à un fort coût) par Grasset, avec l’accord de Proust. Il est lui même d’avis que son livre est trop long et il en supprimera d’importants passages qu’il replacera plus tard dans d’autres volumes de La recherche. 
La présentation, de Jean-Marc Quaranta, publiée en avant-propos de la publication du Temps perdu, est passionnante. Les notes, qui montrent les ajouts et retraits effectués par Proust sur son texte, sont fascinants. Elles montrent le travail fantastique de ciselage, de polissage, de la phrase proustienne.
Un indispensable ouvrage pour tous les proustiens, à lire sans modération.
Pierre-Pascal Bruneau

Prix Goncourt
La plus secrète mémoire des hommes, Mohamed Mbougar Sarr

La plus secrète mémoire des hommes
Mohamed Mbougar Sarr
Éditions Phlippe Rey
Date de parution : 19 août 2021
ISBN :  978-2848768861, 448 pages, 23.98€

« Rien de beau ne s’écrit sans mélancolie. On peut la jouer, la travestir, la prolonger en tragédie absolue ou la transmuer en infinie comédie. Tout est permis dans les variations et combinaisons qu’offre la création littéraire. On soulève une trappe de tristesse, et la littérature fait remonter un grand rire du trou. Vous entrez dans un livre comme dans un lac de douleur noir et glacé. Mais au fond de celui-ci, vous surprenez soudain l’air joyeux d’une fête (…) » La plus secrète mémoire des hommes, page 82, Mohamed Mbougar Sarr

Diégane Latyr Faye, jeune et prometteur écrivain sénégalais, découvre à Paris un livre mythique, paru en 1938 : Le labyrinthe de l’inhumain. D’abord célébré par la critique, jusqu’à qualifier son auteur de « Rimbaud nègre », le livre, et l’auteur, ont ensuite disparu depuis le scandale que déclencha la révélation de plagiat. Diégane s’engage alors, fasciné, sur la piste du mystérieux T.C. Elimane. Le lecteur le suit sur trois continents et parcourt le siècle dans sa quête de vérité. Les récits et les styles s’enchâssent : un souffle romanesque, une construction labyrinthique, du réalisme à la touche fantastique.
Mohamed Mbougar Sarr s’est inspiré du destin de Yambo Ouologuem, écrivain malien, auteur de Le Devoir de violence, roman publié en 1968. Cette mise en abyme, avec le décalage historique, est l’occasion d’évoquer les grands événements historiques du siècle dernier et d’interroger les rapports entre l’Europe et l’Afrique. Au passage, les milieux culturels littéraires ne sont pas épargnés… Mais c’est surtout une réflexion sur la littérature, sa nécessité, son pouvoir sur nos vies, sur le monde. Au cours de ce long roman, lyrique et savant, le personnage-auteur-narrateur ne cesse de démontrer son amour de la langue et de la littérature. Véronique Fouminet, libraire au Temps Retrouvé

Prix Renaudot
Premier Sang, Amélie Nothomb

Premier sang
Amélie Nothomb
Albin Michel
Date de parution : 18 août 2021
ISBN : 9782226465382, 180 pages, 19.51€
(Voir notre revue dans la Lettre du Temps Retrouvé du mois de septembre)

Prix Médicis
Le Voyage dans l’Est, Christine Angot

Le Voyage dans l’Est
Christine Angot
Flammarion
Date de parution : 18 août 2021
ISBN : 9782080231987, 224 pages, 21.26€
(Voir notre revue dans la Lettre du Temps Retrouvé du mois de septembre)

Grand prix du roman de l’Académie Française
Mon maître et mon vainqueur, François-Henri Désérable

Mon maître et mon vainqueur
François-Henri Désérable
Collection Blanche, Gallimard
Date de parution : 19 août 2021
ISBN : 9782072900945, 92 pages, 19.62€
(Voir notre revue dans la Lettre du Temps Retrouvé du mois de septembre)

Prix Femina
S’adapter, Clara Dupont-Monod

S’adapter
Clara Dupont-Monod
Stock
Date de parution :
ISBN : 9782234089549, 200 pages, 20.17€
(Voir notre revue dans la Lettre du Temps Retrouvé du mois d’octobre)

Prix de Flore
Le voyant d’Étampes, Abel Quentin

Le voyant d’Étampes
Abel Quentin
Éditions de L’Observatoire
Date de parution : 18 août 2021
ISBN : 9791032909294, 384 pages, 21.80€

« J’allais conjurer le sort, le mauvais oeil qui me collait le train depuis près de trente ans. Le Voyant d’Étampes serait ma renaissance et le premier jour de ma nouvelle vie. J’allais recaver une dernière fois, me refaire sur un registre plus confidentiel, mais moins dangereux. » Universitaire alcoolique et fraîchement retraité, Jean Roscoff se lance dans l’écriture d’un livre pour se remettre en selle : Le voyant d’Étampes, essai sur un poète américain méconnu qui se tua au volant dans l’Essonne, au début des années 60. A priori, pas de quoi déchaîner la critique. Mais si son sujet était piégé ? Abel Quentin raconte la chute d’un anti-héros romantique et cynique, à l’ère des réseaux sociaux et des dérives identitaires. Et dresse, avec un humour délicieusement acide, le portrait d’une génération. (Note de l’éditeur)

Autres Livres

Le prince aux deux visages, Gilbert Sinoué

Le prince aux deux visages
Gilbert Sinoué
Éditions, Archipel
Date de parution : 18 Novembre 2021
ISBN : 9782809823134, 232 pages, 19.62€

« La perplexité reparaît : l’échange s’est-il réellement limité à ces mots ? Une discussion sur la situation ne s’imposait-elle pas lors de cette première rencontre ? Lawrence n’était-il allé à Wadi Safra que dans le but d’apercevoir l’homme qui était son héros ? Mystère. Tout n’est que mystère chez cet homme. » Le prince aux deux visages, Gilbert Sinoué, page 125

Lorsqu’on entend « Lawrence d’Arabie », on pense, bien-sûr, à Peter O’Toole dans le film éponyme de David Lean (1962), et on tombe sous le charme… Gilbert Sinoué imagine que Paul Savarus, historien, et sa femme psychiatre, Françoise, sont effectivement enthousiastes à la sortie du cinéma, mais, un autre spectateur, passablement en colère, leur déclare que tout cela n’est qu’un conte ! Piqué par cette déclaration, charmé par la rencontre, le couple se lance sur les traces du « Prince de La Mecque ». Le lecteur suit avec plaisir les rebondissements de cette enquête, rencontre avec curiosité les témoins de l’époque, relit les extraits de manuscrits, les articles de presse, les déclarations qui entourent sa mort suspecte… et une seule chose est sûre : difficile de dire qui était Thomas Edward Lawrence !
Le talent du romancier s’illustre pour rendre compte de l’Histoire, fort complexe, du partage du Moyen-Orient dont les conséquences sont encore douloureuses aujourd’hui. Au cours de ce roman passionnant, Gilbert Sinoué nous fait rencontrer non le mythe, mais l’homme : enfant maltraité, fin lettré, archéologue, diplomate, rétif à l’autorité, « petit freluquet incroyablement fagoté », fabulateur, agent secret, manipulateur, troublé par le corps des hommes… Véronique Fouminet, libraire au Temps Retrouvé

Aphorismes & pensées, Françoise Sagan


Aphorismes & pensées
Françoise Sagan
Julliard
Date de parution : 4 novembre 2021
ISBN : 9782260054986, 240 pages, 17.44€

« L’intelligence sans bonté est une arme bien dangereuse« , Les violons parfois, Françoise Sagan
« On ne sait jamais ce que le passé nous réserve« , Les Faux-Fuyants, Françoise Sagan

Ce recueil, tout nouvellement publié, est le cadeau de Noël idéal pour les amoureux de Sagan. Construit comme un dictionnaire, il traduit tout l’esprit et le style de Sagan.

Ces aphorismes sont aussi le reflet d’une époque que certains nostalgiques se réjouiront de retrouver. Alors, d’Aimez-vous Brahms au Lit défait à Un peu de soleil dans l’eau froide, Dans un mois dans un an, Château en Suède etc. pourquoi ne pas relire ou offrir une des rééditions de chez Julliard aux couvertures de belles couleurs des romans de Sagan.
Pierre-Pascal Bruneau

Rêver debout, Lydie Salvayre

Rêver debout
Lydie Salvayre
Seuil
Date de parution : 19 août 2021
ISBN :  9782021477139, 208 pages, 19.62€

« Le Quichotte et Sancho forment un couple qui est, d’une certaine manière, notre miroir. Les deux en nous cohabitent. Nous nous reconnaissons dans l’un comme dans l’autre, selon les jours et nos chagrins ; et leurs révoltes, leurs impasses, leurs craintes et leurs contradictions sont, a des degrés divers, les nôtres. » Rêver debout, page 137, Lydie Salvayre

Lydie Salvayre adresse quinze lettres à Cervantès, créateur de don Quichotte. Elle le tance et lui reproche d’avoir malmené un héros qui, finalement, est le seul à avoir compris le sens de la vie ! Au cours de ces colères feintes, l’autrice nous propose une relecture du célèbre roman qui rend compte de la modernité du personnage et de ses choix. Ainsi, Don Quichotte, refusant la réalité, n’est plus un personnage parodique dont on rit mais une réponse à la cruauté de la vie, à la dureté de notre société contemporaine. Le lecteur est emporté par la fougue de l’écrivaine et conduit à s’indigner, ou s’amuser, lui aussi. Finalement, la réponse s’impose : pour lutter, il faut rêver debout ! Il faut choisir l’utopie créatrice et oser la littérature. Au cours de cet éloge, c’est toute la littérature qui est célébrée, avec fougue, sensibilité, culture et verve… toutes qualités de Cervantès ! Véronique Fouminet, libraire au Temps Retrouvé

Essais

Leçons d’un siècle de vie, Edgar Morin

Leçons d’un siècle de vie
Edgar Morin
Denoël
Date de parution : 6 juin 2021
ISBN : 9782207163078, 160 pages, 18.53€

« Chacun d’entre nous est un microcosme, portant à l’intérieur de l’unité irréductible de son Moi-Je, souvent inconsciemment, les multiples Touts dont il fait partie au sein du grand Tout. Ces multiples Touts sont constitués de la diversité de nos ascendances familiales et de nos appartenances sociales.
Le refus d’une identité monolithique ou réductrice, la conscience de l’unité/multiplicité (unitas multiplex) de l’identité sont des nécessités d’hygiène mentale pour améliorer les relations humaines.
 »  Leçons d’un siècle de vie, page 28, Edgar Morin

A cent ans, le célèbre philosophe-sociologue revient sur sa vie, son œuvre… et nous offre un livre très agréable à lire. Il évoque les grandes étapes de sa vie personnelle, fortement marquée par l’Histoire, et nous montre les liens avec sa pensée. Nous découvrons par quels enchaînements, événements, cheminements, il a développé sa fameuse méthode. Nous comprenons comment il a initié un mode de pensée transdisciplinaire humaniste, reconnu au plan international. Nous découvrons surtout un esprit vif, toujours attentif au monde, qui ne se pose pas en censeur mais bien en aimable conseiller. Il nous invite à la vigilance et surtout à la lucidité face à la complexité humaine. Si vous connaissez le travail d’Edgar Morin, ce texte vous apportera un nouvel éclairage ; si vous ne le connaissez pas encore, cette lecture stimulante vous offre une belle introduction ! Véronique Fouminet, libraire au Temps Retrouvé

Lettre d’amitié, de respect et de mise en garde aux peuples et aux nations de la terre, Boualem Sansal


Lettre d’amitié, de respect et de mise en garde aux peuples et
aux nations de la terre
Boualem Sansal
Gallimard, Hors Série Connaissance
Date de parution : 7 octobre 2021
ISBN : 9782072958212, 112 pages, 12.09€

«Mais de quoi enfin l’argent est-il le nom ? Pour les juifs, les chrétiens, les musulmans, il est l’autre nom du veau d’or, de Mammon, d’Iblis, il est la vilénie faite or, l’arrogance faite argent, la violence faite butin;» Lettre d’amitié, page 61, Boualem Sansal

Boualem Sansal connait bien la question des religions et en particulier celle de l’Islam et de son ombre noire, l’islamisme. Après s’être adressé à ses compatriotes algériens dans une lettre ouverte publiée en 2006 (Poste restante : Alger, lettre de colère et d’espoir à mes compatriotes, Gallimard, Folio), il s’adresse cette fois « Aux peuples et aux nations de la terre « . Boualem Sansal nous met en garde contre ce qu’il appelle « Les quatre destructeurs » qui sont à l’origine de tous nos malheurs:  » l’argent, la religion, le fast-food et les jeux d’arène ». Il rappelle que pour lui l’islamisme qui cumule religion et politique est doublement destructeur.
Pour lutter contre ces maux endémiques de notre société, Boualem Sansal, bien qu’il considère ce projet de société comme une utopie, imagine une fédération des peuples libres qui serait régie par une « Constitution universelle« . À présent que cette lettre est écrite, la question lancinante qu’il se pose est : que vont-ils faire? Que vont répondre les nations, les peuples et le secrétaire général de l’ONU à qui cette lettre est adressée ? Boualem Sansal nous interpelle et nous pose les bonnes questions. Un texte important, clair, qui nous rappelle des vérités premières et propose des solutions, certes utopiques, mais qui ont le mérite de nous donner l’espoir que tout n’est pas perdu.
Pierre-Pascal Bruneau

Nouveautés Bandes dessinées

Alice Guy, Catel & Bocquet

Alice Guy
Jean-Louis Bocquet Catel Müller
Casterman
Date de publication : 22 septembre 2021
ISBN : 9782203171657, 400 pages, 27.20€

En 1895, à Lyon, les frères Lumière inventent le cinématographe. Moins d’un an plus tard, à Paris, Alice Guy, 23 ans, réalise La Fée aux choux pour Léon Gaumont. Première réalisatrice de l’histoire du cinéma, elle dirigera plus de 300 films en France. En 1907, elle part conquérir l’Amérique, laissant les Films Gaumont aux mains de son assistant Louis Feuillade. Première femme à créer sa propre maison de production, elle construit un studio dans le New Jersey et fait fortune. Mais un mariage malheureux lui fait tout perdre. Femme libre et indépendante, témoin de la naissance du monde moderne, elle aura côtoyé les pionniers de l’époque : Gustave Eiffel, Louis et Auguste Lumière, ou encore Georges Méliès, Charlie Chaplin et Buster Keaton. Elle meurt en 1969, avec la légion d’honneur, mais sans avoir revu aucun de ses films – perdus et oubliés. C’est en 2011, à New York, que Martin Scorsese redonne un coup de projecteur sur cette femme exceptionnelle. (Note de l’éditeur)

Beate et Serge Klarsfeld, Pascal Bresson et Sylvain Dorange


Beate et Serge Klarsfeld
Pascal Bresson et Sylvain Dorange
La boite à bulles
Date de parution : 9 septembre 2021
ISBN : 9782849533680, 192 pages, 27.25€

« Si les Allemands nous arrêtent, moi, je survivrai parce que je suis fort mais pas vous ». Ces paroles, prononcées en 1943 par son père, assassiné à Auschwitz, Serge Klarsfeld ne les oubliera jamais. Après la guerre, il se marie à Beate, une jeune allemande installée à Paris. Ensemble, ils se font la promesse d’obtenir la mise à l’écart de la vie politique allemande de tous les anciens nazis, puis d’obtenir le jugement et la condamnation des principaux responsables nazis de la déportation, notamment ceux ayant sévi en France. Distribution de tracts, manifestations, tentatives d’enlèvements, la « méthode Klarsfeld » prouve leur obstination à débusquer les anciens criminels de guerre qui vivent paisiblement en toute impunité alors que, durant la guerre, ils occupaient des postes officiels, soit comme gradé nazi avec Lischka, Hagen, ou Barbie soit en tant que collaborateurs français comme Papon, Bousquet ou Touvier… Dans ce roman graphique, Pascal Bresson revient sur les combats de la vie de Beate et Serge Klarsfeld pour que justice soit rendue et que nul n’oublie. Un ouvrage très fort pour l’histoire, la mémoire et la justice, brillamment mis en image par Sylvain Dorange. (Note de l’éditeur)

Les Strates, Pénélope Bagieu

Les Strates
Pénélope Bagieu
Gallimard BD
Date de parution : 10 Novembre 2021
ISBN : 9782075162999, 144 pages, 23.98€

« Chaque époque a son injonction susurrée à l’oreille des jeunes-filles. Moi j’ai grandi avec celle du 90C. »
Les Strates, page 58, Pénélope Bajieu

L’autrice de Culottées, Eisner Award 2019, livre ici son premier récit autobiographique, où histoires d’enfance et d’adolescence composent le portrait de l’adulte qu’elle est devenue. (Note de l’éditeur)

Iznogoud Moi, Calife, Jul, Olivier Andrieu, laurent Vassilian, Nicolas tabary et Eric Dufau

Iznogoud Moi, Calife
Jul, Olivier Andrieu, Laurent Vassilian, Nicolas Tabary et Eric Dufau
Éditions IMAV
Date de parution :  21 octobre 2021
ISBN : 9782365901581, 48 pages, 12.97€

L’ignoble vizir Iznogoud revient dans une forme éblouissante, prêt à toutes les ignominies pour enfin devenir calife à la place du calife ! N’hésitant pas à s’entourer de tout ce que Bagdad la somptueuse compte de mages interlopes, de charlatans véreux et d’hommes de main sans scrupules, il ne recule devant rien pour piéger le bon Haroun El-Poussah : de l’échiquier enchanté qui escamote le perdant de la partie, aux toiles magiques de Dali Baba, Iznogoud multiplie les stratagèmes tordus pour arriver à ses fins. 5 histoires de 8 planches On retrouve dans cet album le format d’origine des aventures d’Iznogoud telles que les avaient conçues René Goscinny privilégiant des gags efficaces et percutants. Trois scénaristes machiavéliquement drôles ont relevé le défi Jul, l’auteur à succès de « Silex and the city » et de « Lucky Luke ». Laurent Vassilian est la plume de Nicolas Canteloup. Il a déjà réalisé deux albums d’Iznogoud : De père en fils et Iznogoud Président. Olivier Andrieu, jeune scénariste au talent prometteur qui signe ici sa première participation à un album de bande dessinée. Deux dessinateurs ont réalisé cet album Après avoir succédé à son père, Jean Tabary cocréateur du personnage, Nicolas Tabary dessine ici ses dernières planches d’Iznogoud, pour se consacrer désormais à ses propres créations. Il passe le relais au dessinateur Elric qui prend la relève avec maestria. (Note de l’éditeur)
Bien d’autres livres et bandes dessinées vous attendent au Temps Retrouvé, alors à très vite !

L’équipe du Temps Retrouvé