Des livres de l’été! Romans, essais…
On 7 juin 2016 | 0 Comments

Les vacances sont proches et déjà là pour certains d’entre vous. La librairie fermera pour deux semaines à compter du mardi 2 août et ouvrira le mardi 16 août.

Pour vos vacances, nous vous avons choisi des livres de toutes sortes, romans, essais, livres d’histoire, romans policiers.

Romans

Pour notre sélection de romans, parlons d’abord de ceux de nos deux invités de la rentrée, Pierre Assouline les 16 et 17 septembre et Philippe Claudel les 11 et 12 novembre (voir ci-dessous le programme des Soirées Littéraires et celui de L’Échappée Belle, Cinématèque Française).

“Golem”, de Pierre Assouline. Un joueur d’échecs sexagénaire, accusé du meurtre de son épouse. Tel le Golem de la mystique juive, il se découvre doté artificiellement de facultés mentales hors du commun. Suivant son chemin de Compostelle personnel, il traverse l’Europe centrale et se trouve aux prises à toutes sortes d’aventures qui le mènent à Prague où le mystère trouvera son dénouement.

“L’arbre du pays Toraya”, de Philippe Claudel. Très bel hymne à l’amitié, “une amitié de mots”, hymne aussi à la solitude et au retrait du monde, introspection et réflexion sur soi et sur la vie. Réflexions sur la mort, des êtres chers ou bien de celle de milliers d’inconnus, d’aujourd’hui et d’hier. Regrets, amertumes, joies furtives, simples, le narrateur est un homme toujours en mouvement, en recherche perpétuelle. Un récit sensuel, subtilement décousu, dont la trame apparaît peu à peu. Un très beau texte sur le quotidien, sur la vie.

“La Septième fonction du langage”, de Laurent Binet. Encensé par le public et la critique, le livre de Laurent Binet se lit comme un roman policier. Un imaginaire assassinat de Roland Barthes, un tordant déjeuner chez François Mitterrand, des joutes oratoires, une satyre drôle et juste de nos intellectuels, Laurent Binet s’en donne à coeur joie pour notre plus grand plaisir.

“Vernon Subutex”, I et II, de Virginie Despentes. Un style, un vocabulaire, une syntaxe, uniques, le récit prenant d’un marginal, descente aux enfers puis renaissance, reconnaissance. Tome III annoncé pour l’automne, lisez vite les deux premiers !

“Pristina”, de Toine Heijmans (traduction du néerlandais). Une fiction très actuelle par l’auteur de “En Mer”, Prix Medicis 2013, roman sur les difficultés puis le succès de l’insertion d’un demandeur d’asile dans une petite île des Pays Bas.

“Mémoire de fille”, d’Annie Ernaux. “Il y a des êtres qui sont submergés par la réalité des autres(…)”. Ainsi commence le dernier livre, autobiographique, d’Annie Ernaux. Histoire d’une fille de 18 ans, son histoire, brillante, sans expérience dans l’attente du grand amour, fixation, déception. Emouvant roman-vérité sur ce que l’on perçoit comme un “rite” ancestral de passage, qui blesse et laissant à jamais cicatrices et dépendance.

“D’après une histoire vraie”, de Delphine de Vigan. Un autre récit autobiographique, ou supposé tel, histoire de soumission, de jeux de domination, entre deux femmes, avoir conscience de l’emprise de l’autre et ne rien faire, qui aura le dessus? Renversement de situations, une fin surprenante. Il ne se passe pas grand chose mais vous serez emporté dès les premières pages. Du grand art.

Essais

“Histoire du silence, de la renaissance à nos jours”, d’Alain Corbin. Alain Corbin évoque le ”silence passé” de Saint Jean de la Croix, Saint Exupéry, Bossuet, Hugo, Camus, Maeterlinck, Proust, qui tous ont parlé et recherché le silence. Ce silence qui, selon Maurice Blanchot, rend dérisoire l’écriture, “Garder le silence, c’est ce que à notre insu, nous voulons tous, en écrivant”. Passionnant inventaire que cette histoire du silence.

“La nuit de feu “, d’Eric-Emmanuel Schmitt.  Autre histoire de silence. En 1989 Éric-Emmanuel Schmitt entreprend une randonnée à pied dans le désert du Hoggar, il a alors vingt-huit ans. Lors de cette “nuit de feu”, titre emprunté à Pascal, il deviendra croyant, comme Pascal à l’issue de sa “nuit”. Fascination du désert, une histoire de silence, sous un ciel plein d’étoiles qui nous évoque Saint Ex, perdu, transi de froid, il est littéralement frappé par la foi, véritable illumination, dans les traces de Saint Jean de la Croix et de Charles de Foucauld. Instant décisif pour Eric-Emmanuel Schmitt qui bouleversera et conditionnera sa vie.

“La nouvelle révolution américaine”, d’Olivier Piton. “Où en est l’amérique en 2016? Comment l’Amérique en est-elle arrivée à devoir choisir entre un national populiste et une sociale-démocrate interventionistes?” Dans un passionnant ouvrage, Olivier Piton, avocat et président de la commission des lois à l’Assemblée Nationale, tente d’apporter des réponses à ces questions et à bien d’autres sur les enjeux des élections américaines. Olivier Piton, décrit une Amérique désenchantée, déçue par l’establishment, séduite par le Tea Party, qui conteste un système bipartisan qui “ne délivre pas”. Un Congrès éloigné du peuple, incapable de comprendre ses attentes et de servir le bien public. Selon Piton, le populisme de Trump ou de Sanders serait proche de celui de Marine Le Pen et de Mélenchon. “La démocratie américaine est malade”, conclut Piton. L’Europe, plutôt que de s’en réjouir, devrait s’en inquiéter.

“Les néerlandais, un autoportrait”, Pierre-Jean Brassac. Les néerlandais vus par eux mêmes. Vingt-trois néerlandais, connus et moins connus, sont interrogés par Pierre-Jean Brassac, parfait néerlandophone et amoureux des Pays Bas. Loin de la vison caricaturale que les français ont traditionnellement des néerlandais, rencontre avec un peuple attachant et plus complexe qu’il n’y parait.

Romans Policiers

Une chronique de Clément Magneau, libraire au Temps Retrouvé

Claude Izner, une auteure à deux têtes et quatre mains.

Dans le monde du polar contemporain les auteurs femmes occupent une place de choix. Ainsi dans la collection “Grands Détectives”, chez 10-18, les ouvrages de Claude Izner se distinguent aussi bien par la qualité de leur écriture que par l’originalité de leurs intrigues et des personnages récurrents, qui tous gravitent autour de la figure centrale de Pierre Legris, à la fois détective amateur et libraire de profession. Autre originalité, les ouvrages de Claude Izner ont pour cadre le Paris populaire, ô combien vivant et agité, des années 1890, époque fertile en scandales politiques, attentats anarchistes plus ou moins sanglants et autres crimes crapuleux qui sont le lot habituel de l’humanité depuis toujours. Ce qui ajoute encore à l’intérêt de ces ouvrages, c’est qu’ils fourmillent d’informations historiques aussi bien que de détails pittoresques, et que l’auteure joint à un humour aimable et bon enfant un esprit critique aiguisé, sans quoi les meilleures oeuvres nous laissent toujours sur notre faim. J’ai dit l’auteure. Ce sont les auteures plutôt, qu’il faudrait dire, car ce sont deux femmes, en réalité, deux soeurs, qui écrivent sous le pseudonyme de Claude Izner. Des polars de qualité, pour les “happy few”, des romans policiers qui ne doivent rien aux habituels clichés du genre.

Histoire

“Louis XIII et Richelieu, Simone Bertière: la malentente”. Couple infernal, relations plus que difficiles entre les deux hommes, c’est cette situation de conflit permanent que l’historienne Simone Bertière a choisie pour nous parler de Louis XIII et de Richelieu. Tout nous semblait avoir été dit sur les deux hommes, pourtant l’analyse remarquablement argumentée et documentée de Simone Bertière nous fait redécouvrir, comme une intrigue quasi policière, cette période fascinante de l’histoire de France. Un livre parfait à lire à l’ombre d’un grand tilleul.

Biographies

“Simenon”, de Pierre Assouline. La biographie de référence de Georges Simenon par Pierre Assouline est l’indispensable livre a emporter cet été afin de préparer le cycle Simenon de la Cinémathèque français au Ketelhuis.

“Robespierre : la fabrication d’un monstre”, de Jean-Clément Martin. Certes Robespierre n’est pas un ange et tous les historiens sont d’accord pour lui attribuer une forte responsabilité dans les atrocités de la Terreur et les errements de la révolution. Pour autant était-il réellement le monstre tel que ses ennemis thermidoriens l’ont dépeint ? Jean-Clément Martin ne réhabilite pas Robespierre mais nous décrit avec brio comment il n’est ni plus ni moins fanatique, dogmatique et déterminé que l’ensemble de ses pairs. Robespierre, personnage incorruptible, froid, austère, représentait le bouc émissaire idéal pour incarner le « monstre » révolutionnaire.

Enfants/Adolescents

“La famille des Jean Quelque Chose”, de Jean-Philippe Arrou-Vignod. Jeunes lecteurs qui avez aimé « la Famille aux petits oignons » et « L’Omelette au sucre », réjouissez-vous, Jean-Philippe Arrou-Vignod récidive avec une sixième histoire des « Jean-Quelque-Chose », tout aussi drôle et tendre que les précédentes. Avec « Une belle brochette de bananes », Jean-Philippe Arrou-Vignod nous rappelle le doux temps des papas photographes et des photos de famille, le livre de vacances idéal pour nos 10/12 ans.

“BLOG”, de Jean-Philippe Blondel. Dans un langage clair et sobre (ne vous arrêtez surtout pas aux quelques « gros mots » du début), Jean-Philippe Blondel décrit révolte et réconciliation d’un adolescent contre et avec son père. Blondel parle juste et bien de cette phase à laquelle tous les parents ou presque sont confrontés, phase dans laquelle les parents brusquement tombent de leur piédestal et deviennent des étrangers pour leurs enfants. Court, bien écrit, ce livre a déjà séduit beaucoup de nos ados.

“La guerre des Clans”, Cycle IV. Le troisième tome “L’empreinte de la lune” est enfin paru il y a quelques semaines. Le quatrième des six tomes du cycle IV est prévu pour le mois d’octobre.

Rencontres littéraires
Dr Franck Scola, Eglise Wallonne d’Amsterdam

(Insérer photo)
Le 21 juin dernier, Le Temps Retrouvé a organisé un second débat sur le bilinguisme. Nous avons reçu, hors les murs, dans la belle Eglise wallonne d’Amsterdam, le Dr Frank Scola, auteur d’un ouvrage de référence sur le bilinguisme des enfants, “Comprendre et accompagner l’enfance bilingue”. Le thème de la rencontre était “Une éducation bilingue, cela se prépare”.

Beaucoup de jeunes mamans et grands-parents étaient présents, mais aussi des professeurs de français ainsi que des orthophonistes. Après un exposé sur les notions clés du bilinguisme, le Dr Scola nous a parlé, en les réfutant avec esprit et humour, des nombreuses idées reçues associées au bilinguisme. Le Dr Scola a ensuite répondu aux questions pressantes du public. Questions intéressantes, sous lesquelles l’on sentait parfois une certaine inquiétude, auxquelles le Dr Scola a patiemment répondu avec tact et précision.

Les Soirées du 529 reçoivent Pierre Assouline le 16 septembre 2016 et Philippe Claudel le 11 novembre 2016

Pierre Assouline

(Insérer photo)

En septembre les soirées du 529 reprennent avec, à la demande générale, notre cocktail dînatoire

Nous avons le grand plaisir de recevoir, le 16 septembre à 19:00 heures, Pierre Assouline, homme important des lettres françaises. Éditorialiste du très respecté Magazine Littéraire, Pierre Assouline est un biographe accompli et minutieux. Ses biographies, du marchand d’art Daniel-Henry  Kahnwieler, des Camondo, d’Hergé, de Gaston Gallimard et bien sûr de Georges Simenon, font autorité. Pierre Assouline est journaliste et anime le blog “la république des livres”, le blog sans doute le plus consulté et le plus sérieux du monde littéraire.

Il est aussi auteur de livres d’histoire et de plusieurs romans. Pierre Assouline est membre de l’académie Goncourt. Pierre Assouline nous parlera donc de ses deux derniers livres, “Golem”, roman paru cette année et aussi de son tout nouveau “Dictionnaire amoureux des écrivains et de la littérature” qui paraîtra le 28 août prochain

Échappée Belle – Q&A avec Pierre Assouline le 17 septembre 2016

(Insérer affiche du film)

Le lendemain, samedi 17 septembre à 19:00 heures, après la projection de “Panique”, film de Julien Duvivier, d’après le roman de Georges Simenon “Les fiancailles de Monsieur Hire”, Pierre Assouline nous parlera de Georges Simenon et répondra aux questions du public.

Pierre Assouline, est l’auteur de la biographie de référence sur Georges Simenon, parue en 1992, chez Julliard. Georges Simenon (1903-1989), écrivain à l’incroyable production (près de 400 livres), traduit dans un nombre impressionnant de langues, est un des romanciers les plus lus au monde.

Georges Simenon, écrivain hors normes, personnage flamboyant, excessif, controversé, a mené une vie turbulente. Pour écrire sa biographie Pierre Assouline a mené une enquête minutieuse et objective, allant chercher des sources inédites et exclusives, dont les témoignages des proches de Georges Simenon et les milliers de lettres qui constituent la correspondance privée de l’écrivain. Des centaines d’interviews, en France, en Belgique, en Suisse, en Amérique. Un travail minutieux de recoupement et d’analyse parmi des archives inédites et l’oeuvre de l’auteur. Des révélations surprenantes, un suspense digne de Simenon, une biographie remarquable et passionnante.

La projection de “Panique” s’inscrit dans le cadre du programme de la Cinémathèque française de l’Echappée Belle de septembre “Simenon et le cinéma”.

Philippe Claudel

Philippe Claudel, est un cinéaste et un écrivain bien connu de tous à Amsterdam. Il vient régulièrement aux Pays Bas pour présenter ses films et ses livres dont beaucoup on été traduits en néerlandais. Ecrivain et cinéaste surdoué, Philippe Claudel explore les âmes. Fidèle en amitié, son dernier livre, “L’arbre du pays Toraja” y est consacré et de ce livre et de son histoire, celle de Philippe Claudel, livre sur la vie et la mort, dont nous parlerons le 11 novembre. Nous parlerons bien sûr également cinéma.

Ainsi qu’il le dit lui même “Il me semble souvent que j’écris des romans comme le ferait un cinéaste”. Cette double nature, il l’illustre et l’explique dans un livre sur la conception, la fabrication pourrions nous dire, et le tournage de son premier film “Il y a longtemps que je t’aime”, avec Khristin Scott Thomas et Elsa Zylberstein. Dans ce livre, “Petite fabrique des rêves et des réalités”, Philippe Claudel exprime comment s’est imposé à lui “le désir de la réexplorer (l’histoire du film) avec le recul, et avec les mots – ceux de l’écrivain? Ceux du cinéma?”.

Le lendemain, samedi 12 novembre à 19:00 heures, nous projetterons ce film, “Il y a longtemps que je t’aime” puis après la projection, Philippe Claudel répondra aux questions du public.

Toute l’équipe du Temps Retrouvé vous souhaite à tous de bonnes vacances, bonne lecture!