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ISBN: 9782246858683
Catégorie :

Va et poste une sentinelle

de : Lee Harper

20.90 

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Rencontre avec l'auteur
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    1926
    Nelle Harper Lee, dite Harper Lee, née le 28 avril 1926 à Monroeville dans l'Alabama et morte le 19 février 2016 dans la même ville, est une romancière américaine connue pour son roman To Kill a Mockingbird (Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur), prix Pulitzer en 1961. Vendu à quarante millions d'exemplaires, ce livre est un classique de la littérature américaine, étudié à ce titre dans de nombreux collèges et lycées des États-Unis, et régulièrement cité en tête des classements des critiques et libraires.Elle reçoit en 2007 la médaille présidentielle de la Liberté du président George W. Bush pour sa contribution à la littérature.Nelle Harper Lee naît le 28 avril 1926 à Monroeville, dans l'Alabama. Son père, Amasa Coleman Lee, est avocat et éditeur du Monroe Journal ; il présente de nombreuses ressemblances avec Atticus Finch, le père de la narratrice dans Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur. Enfant, Lee était une lectrice précoce. Elle était amie avec son voisin et camarade d'école Truman Capote.Après ses études secondaires au lycée de Monroeville, elle fait de 1945 à 1949 des études de droit à l'université d'Alabama, qu'elle décide d'arrêter pour aller vivre à New York avec l'intention de devenir écrivain. Sans diplôme, elle part pour Oxford, puis revient s'installer à New York en 1950.Harper Lee travaille quelque temps à New York comme employée de bureau dans une compagnie aérienne où elle se charge des réservations. Mais bientôt elle décide de se lancer dans une carrière d'écrivain, avec le soutien moral et financier de ses amis. Truman Capote l'entraîne en 1959 dans l'écriture d'un roman sur un quadruple meurtre, qui va devenir De sang-froid (In Cold Blood). Elle l'accompagne à Holcomb (Kansas) pour l'aider dans ses recherches. Elle l'assiste pendant les entretiens, jouant notamment un rôle apaisant auprès de ceux qui étaient surpris de la personnalité excentrique de Capote. Elle est toujours là pour encourager l'écrivain lorsqu'il menace d'abandonner un projet aussi ample et épuisant. Capote la cite en la remerciant pour son « travail de secrétaire » et lui dédie le roman, ainsi qu'à son compagnon Jack Dunphy.En 1957, elle présente un premier manuscrit plus proche du recueil de nouvelles que du roman à son agent. Sur les conseils de ce dernier, elle développe, durant deux ans et demi, l'une de ces nouvelles pour en faire un roman intitulé To Kill a Mockingbird (traduction française sous le titre Ne tirez pas sur l'oiseau-moqueur), qui paraît en 1960 et reste longtemps son seul livre publié. Le succès est immédiat. Couronné du prix Pulitzer en 1961, To Kill a Mockingbird est vendu à cinq cent mille exemplaires la première année. Plaidoyer pour la justice, le roman paraît à l'époque de la reconnaissance des droits civiques des afro-américains, et notamment de l'abolition de la discrimination de facto dans les établissements d'enseignement qui donne lieu à des manifestations conservatrices violentes.Harper Lee ne publiera pas d'autre roman avant 2015. Quelques articles et essais paraissent sous sa signature, entre autres dans Vogue. Son très long silence de 55 années5 et sa très grande discrétion depuis la parution de son premier et jusque-là unique livre ont alimenté les rumeurs, d'autant qu'elle a déclaré s'être mise à la rédaction d'un second roman, peu après Ne tirez pas sur l'oiseau-moqueur. Les bruits ont couru parmi ses admirateurs qu'elle aurait écrit plusieurs romans, sans en publier aucun, ou qu'elle aurait continué à publier sous un pseudonyme.Finalement, la sortie d'un nouveau roman, qui a pour titre Go set a watchman, est annoncée en janvier 2015 pour l'été de la même année.Il s'agit d'un texte écrit dans les années 1950. Selon le site Livres Hebdo, le roman « raconte l'histoire d'un avocat défendant un Noir accusé de viol pendant la Grande Dépression des années 1930, dans une ville fictive et raciste d'Alabama. Go set a Watchman reprend beaucoup des personnages déjà présents dans Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, mais vingt ans plus tard.(Source Wikipedia)
    Livres deLee Harper
    Aperçu général

    Notre coup de cœur va, en ces jours d’interrogation, de stupeur et de tristesse, au livre de Harper Lee “Va et poste une sentinelle” paru le mois dernier.
    Rappelons, ainsi que nous le disions dans notre lettre d’octobre, que ce livre a été écrit il y a plus de 50 ans, avant le livre qui a rendu célèbre Harper Lee, “To kill a Mocking Bird (Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur)”.
    “Va et poste une sentinelle” n’a pas le charme et le souffle de Mocking Bird. Nous quittons l’univers de Mark Twain pour un réel désenchanté. Nous sommes loin du monde de l’enfance. Mais la plus grande surprise vient du personnage d’Atticus Finch, le père de Scout.
    Dans “To kill a Mocking Bird”, Atticus est un modèle d’équilibre et de justesse, épris d’idéal et de justice.Vingt ans après, Scout découvre un père côtoyant le Ku Klux Klan et les racistes les plus durs. Cet homme qui lui a enseigné que tous les hommes et femmes sont égaux sans distinction de couleur ou de race, s’élève contre la décision de la Cour Suprême des États-Unis, Brown vs. Board of Education, du 17 mai 1954 qui déclare la ségrégation raciale inconstitutionnelle dans les écoles publiques.
    Comment Atticus, son père, symbole de la justice et précisément de l’égalité entre tous peut-il s’opposer à cette décision? Scout est perdue, meurtrie. Elle réagit très violemment. Pourquoi une telle lâcheté, un tel revirement, d’un homme qui seul contre tous avait pris la défense d’un jeune garçon accusé injustement de viol et condamné simplement parce qu’il était noir? Dans une intense passe d’armes avec sa fille Scout, son père lui dit:
    “Maintenant réfléchis bien à ce que je vais te dire. Que se passerait-il si les Noirs du Sud obtenaient du jour au lendemain leurs droits civiques pleins et entiers? … Tu voudrais que nos Etats soient dirigés par des gens qui n’ont pas la moindre idée de ce qu’est le gouvernement?”
    Pour Atticus Finch et sa génération il est trop tôt pour l’avènement d’un système social égalitaire.
    Le livre d’Harper Lee, cinquante années après avoir été écrit reste incroyablement actuel. Bien entendu beaucoup de choses ne sont pas comparables, la ségrégation dans les années 50 aux Etats Unis n’est pas celle des immigrés d’origine maghrébine en Europe. Cependant, ce dont parle Harper Lee c’est bien d’un choc de culture et de civilisation, de la domination des uns sur les autres. Il s’agit bien comme dans les romans d’Hedi Kaddour de Boualem Sansal et de Houellebecq de la prédominance d’une culture et d’un système politique.
    Atticus Finch et ses amis l’affirment : partager ou pire « leur » abandonner le pouvoir apporterait le renoncement aux valeurs de l’Amérique profonde, peut-être même le chaos et l‘horreur. “Soumission” de Houellebecq et “2084: la fin du monde” de Boualem Sansal, l’un pernicieux et doux l’autre terrifiant, jouent tous deux sur la peur: si le pouvoir « leur » est donné, d’une manière ou d’une autre, consentie ou violente, un monde prendra le pas sur un autre il en sera fini de “notre monde”, comme le dit Atticus.
    Et pourtant… Même si la position de l’héroïne de Harper Lee n’est pas aussi claire qu’elle pourrait l’être (nous sommes dans le sud des Etats Unis à la fin des années 50), Scout nous montre que la question n’est pas de savoir si et quand les Noirs prendront le pouvoir et ce qu’il adviendrait alors.
    L’enseignement que l’on doit tirer du livre d’Harper Lee est celui-ci : ce sera par l’éducation, l’ouverture et le respect de l’autre, et non pas même la tolérance de l’autre qui est elle-même une forme de ségrégation, par le respect partagé de deux cultures, sans prédominance de l’une sur l’autre, que prendra fin la haine.
    Difficile à mettre en œuvre alors que les armes et les bombes sèment la terreur. Pourtant il ne fait aucun doute que la ghettoïsation et la ségrégation n’ont mené et ne mèneront qu’à l’affrontement et au chaos.
    Scout nous le dit, même si le chemin est long et difficile, c’est en tentant de se comprendre, de partager nos cultures, que les deux mondes se rejoindront pour le meilleur.

    (La lettre du Temps Retrouvé, novembre 2015)

    Note de l’éditeur:
    Jean Louise Finch, dite « Scout », l’inoubliable héroïne de Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, est de retour dans sa petite ville natale de l’Alabama, Maycomb, pour rendre visite à son père, Atticus. Vingt ans ont passé. Nous sommes au milieu des années 1950, et la nation se déchire autour des questions raciales. Confrontée à la société qui l’a façonnée mais dont elle croit s’être affranchie en partant vivre à New York, Jean Louise va découvrir ses proches sous un jour inédit…

    Chronique douce-amère de l’adieu à l’enfance, entre tendresse et férocité, espoir et désenchantement, révolte et révélations, Va et poste une sentinelle est le deuxième roman de l’auteur de Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur mais fut écrit avant son livre culte, prix Pulitzer en 1961. Si sa publication constitue aujourd’hui un événement majeur, ce n’est pas seulement parce qu’il aura fallu attendre plus d’un demi siècle pour connaître son existence, ni parce qu’il a d’ores et déjà battu tous les records de ventes (plus d’1,1 million d’exemplaires en une semaine lors de sa parution aux États-Unis), mais aussi, et surtout, parce qu’il s’agit d’un grand livre, puissant, émouvant, dérangeant : un troublant miroir tendu à un monde qui, malgré le passage du temps, nous parle toujours du nôtre.

    Détails

    ISBN: 9782246858683
    Éditeur: Grasset
    Date de publication: 7 octobre 2015
    Nombre de pages: 336