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ISBN: 9782021117707
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En finir avec Eddy Bellegueule

de : Louis Edouard

17.00 

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Rencontre avec l'auteur
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    1992
    Édouard Louis, né Eddy Bellegueule2, grandit à Hallencourt (Somme), il est scolarisé au collège des cygnes à Longpré-les-Corps-Saints3 puis rentre, en internat, en classe de seconde au lycée Madeleine-Michelis d'Amiens, où il fait partie de la section théâtre. C’est au lycée que ses camarades commenceront à l’appeler Édouard, « Eddy » ne pouvant être pour eux qu’un diminutif4. De 2008 à 2010, il est délégué de l'académie d'Amiens au Conseil national de la vie lycéenne, puis étudie l'histoire à l'université de Picardie, où il est remarqué par le philosophe Didier Eribon.
    Livres deLouis Edouard
    Aperçu général

    “Je suis parti en courant, tout à coup. Juste le temps d’entendre ma mère dire Qu’est-ce qui fait le débile là ? Je ne voulais pas rester à leur côté, je refusais de partager ce moment avec eux. J’étais déjà loin, je n’appartenais plus à leur monde désormais, la lettre le disait. Je suis allé dans les champs et j’ai marché une bonne partie de la nuit, la fraîcheur du Nord, les chemins de terre, l’odeur de colza, très forte à ce moment de l’année. Toute la nuit fut consacrée à l’élaboration de ma nouvelle vie loin d’ici.”

    En vérité, l’insurrection contre mes parents, contre la pauvreté, contre ma classe sociale, son racisme, sa violence, ses habitudes, n’a été que seconde. Car avant de m’insurger contre le monde de mon enfance, c’est le monde de mon enfance qui s’est insurgé contre moi. Très vite j’ai été pour ma famille et les autres une source de honte, et même de dégoût. Je n’ai pas eu d’autre choix que de prendre la fuite. Ce livre est une tentative pour comprendre.

    Édouard Louis a 21 ans. Il a déjà publié Pierre Bourdieu: l’insoumission en héritage (PUF, 2013). En finir avec Eddy Bellegueule est son premier roman.
    (Note de l’éditeur)

    Détails

    ISBN: 9782021117707
    Éditeur: Seuil
    Date de publication: 02/01/2014
    Nombre de pages: 224

    Press reviews:

    Pas facile d'affirmer sa différence quand on vient d'un milieu rural et pauvre. Un récit d'apprentissage fulgurant, sans doute autobiographique. Pas facile de s'appeler Eddy Bellegueule, d'avoir malgré soi des gestes de fille, des déhanchements suspects et cette voix haut perchée quand on a 10 ans dans un collège de Picardie, où les gros durs n'aiment pas les pédés. En fait, Eddy ne sait d'abord pas vraiment s'il l'est, ni qui il est. Il est né comme ça dans une famille pauvre de quatre enfants, où le père est depuis longtemps au chômage après s'être bousillé le dos à l'usine, et où la mère nettoie les vieillards du village. Le soir, avec leurs copains, ces deux-là ne lésinent pas sur l'alcool. Ni sur les films pornos. Mais ces gens-là aiment leurs gosses, les protègent, même s'ils les envoient volontiers à leur place pour émouvoir l'épicière quand ils n'ont plus rien d'autre à manger que ce poisson pêché par le père. Avec des descriptions précises et courtes, des détails crus parfois insoutenables, Edouard Louis nous fait pénétrer sans pathos un milieu peu fréquenté dans les romans d'aujourd'hui : la France des petits Blancs humiliés de nos provinces laminées par la crise. Du coup, l'émotion maîtrisée n'en est que plus violente. Ecrit à la première personne, le récit est sans doute autobiographique. Désormais élève à l'Ecole normale supérieure où il étudie, à 21 ans, la philosophie et la sociologie, l'auteur y raconte trop intimement la différence. Celle des oubliés de la croissance, celle des marginaux du sexe. Les premiers n'ont même plus les mots pour la dire et martyrisent volontiers les seconds. Ça n'empêchera pas Eddy d'accepter peu à peu son homosexualité. Rares sont les témoignages littérai­res d'un tel parcours. L'énergie, la lucidité qu'y met Eddy/Edouard font de ce fulgurant premier livre un roman d'apprentissage lumineux malgré les ténèbres, plein d'amour à donner malgré la cruauté. Et la finesse d'une langue superbement tenue crée l'épouvante sans s'y complaire, l'espoir sans y plonger tout à fait. Un livre comme en suspens, diaboliquement vivant. Fabienne Pascaud Télérama n°3341 Mis à jour le 21/01/2014. Créé le 20/01/2014.