La rentrée littéraire de septembre 2026 (Première partie)
Le 8 septembre 2026 | 0 Commentaires

La rentrée littéraire de septembre 2026
(Première partie)

Les choix du Temps Retrouvé

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Soirée littéraire le vendredi 11 septembre 2026

 

Claire Alet


Droits image Jérôme Panconi

« Aux origines de la domination masculine »

Un entretien mené par Pierre-Pascal Bruneau du Temps Retrouvé, librairie française d’Amsterdam
Een gesprek (in het Frans) met Pierre-Pascal Bruneau van Le Temps Retrouvé, Franse boekhandel in Amsterdam

Le vendredi 11 septembre 2026 à 19 heures
À l’ancienne maison de L’Échappée Belle
Spiegelgracht 2A, 1017JR Amsterdam

Pour réserver cliquer ici / Klik hier om te reserveren : 
RÉSERVATION – Claire ALET
Cet évènement est organisé en association avec la fondation L’Échappée Belle, L’Institut français des Pays-Bas et Monsieur Théâtre. Dit evenement wordt georganiseerd in samenwerking met de stichting L’Échappée Belle, de Institut français des Pays Bas en Monsieur Théâtre.
    
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La rentrée littéraire de septembre 2026

La rentrée littéraire 2026 propose 461 nouveaux romans, soit un peu moins que l’an dernier. Beaucoup de grandes signatures pour cette rentrée, les livres les plus médiatisés étant sans surprise ceux de Philippe Jaenada (L’Inconnue du quai de Javel), François-Henri Désérable (Le Palais), Ananda Devi (Chronique d’un royaume perdu), Philippe Besson (La Première Phrase du premier livre) ou Jean-Philippe Toussaint (La Hantise) et bien entendu Amélie Nothomb, incontournable figure de la rentrée depuis plus de trente ans, avec L’Adolescence du perroquet (Albin Michel), dont le premier tirage, annonce Albin Michel, est de150 000 exemplaires ! Et une découverte, le premier roman d’un auteur d’origine haïtienne, C’était ça ou mourir, de Thélyson Orélien, qui fait déjà partie de la première sélection du Prix Goncourt.
Et puis quelques bandes dessinées et notamment deux sur l’Odyssée, très en vogue depuis la sortie du film au mois de juillet (en France) de Christopher Nolan.

Nous avons lu, (beaucoup), et choisi, pour vous, des romans et des essais que nous avons aimés.

La prochaine lettre du mois d’octobre sera également consacrée aux livres de la rentrée littéraire. Nous vous ferons aussi connaitre les premières sélections des grands prix littéraires.

Bonne lecture !

Premier Roman

C’était ça ou mourir, Thélyson Orélien (première sélection du Prix Goncourt)

Grasset
Date de parution : 19 août 2026
ISBN : 9782246847069, 272 pages

« Un soir, à la télévision, un commentateur a lancé d’un ton assuré, presque distrait :  ‘ Tous les demandeurs d’asile ne sont pas de vrais réfugiés. Certains profitent du système. ‘ Le mot m’a heurté comme une pierre. Profiter. J’ai senti ma salive se coincer dans ma gorge, mon souffle hésiter. Profiter de quoi exactement ? De l’exil ? De l’attente ? De cette vie suspendue où chaque geste doit être justifié ? Je me suis demandé s’il savait ce que c’était que de vivre sans pays. S’il mesurait le coût intime de l’aide qu’on reçoit quand on a déjà été professeur, citoyen, homme debout. » p.243

Ce premier roman est sans doute la révélation de cette rentrée littéraire. Acclamé par tous les critiques dès sa sortie le 19 août dernier, C’était ça ou mourir raconte le périple d’un professeur d’histoire haïtien qui fuit son pays pour échapper à la mort. Chaque étape, chaque frontière franchie, est une humiliation de plus mais aussi une victoire sur la mort et l’adversité. Cet incroyable récit, conté dans une langue sobre et superbe, va changer profondément le regard que beaucoup d’entre nous portent sur les migrants de tous pays.
Pierre-Pascal Bruneau

Romans

L’architecte de Notre-Dame, Aurélien Bellanger

Actes Sud
Date de parution : 19 août 2026
ISBN : 9782330224400, 288 pages

« Adorno a écrit que les grandes œuvres sont comme des bouteilles à la mer. Pour avoir étudié de près Violet-le-Duc, j’ajouterais que les grands artistes sont des bateaux dans leur bouteille. On ne sait trop – l’enfance, le milieu, le génie – comment ils y sont entrés et comment ils y ont déployé leurs ailes. On les admire tout en éprouvant pour eux de l’angoisse à l’idée qu’ils se soient à ce point laissé enfermer dans leur temps… Je me suis ainsi amusé, maintenant que le carcan de Notre-Dame était brisé, à casser la bouteille pour permettre à son architecte de voguer dans le monde d’aujourd’hui. » Aurélien Bellanger

Aurélien Bellanger consacre son dernier livre à un personnage historique haut en couleur et controversé : l’architecte Violet-le-Duc. Admiré par beaucoup pour son génie architectural, décrié par d’autres pour avoir restauré à l’excès des monuments historiques, il est, entre autres inventions, l’auteur de la flèche de Notre-Dame. Violet-le-duc, surdoué, hyperactif et génial architecte, lauréat de multiples concours et ancien pensionnaire de la Villa Médicis à Rome, est le protégé de Prosper Mérimée. Écrivain célébré au XIXème siècle (Carmen, Colomba etc.), archéologue, auteur de la fameuse dictée, il est nommé inspecteur général des monuments historiques en 1834. Subjugué par le talent de Violet-le-Duc, il confie au jeune architecte d’énormes chantiers de restauration : la Basilique de Vézelay, la Cité de Carcassonne, le château de Pierrefonds, le Mont-Saint-Michel et bien sûr Notre-Dame. Cette collaboration durera près de trente-six années, jusqu’à la disparition de Mérimée et la fin du second empire, en 1870.
Dessinateur hors pair, écrivain prolifique, ses idées de décorations annoncent, en avance de plusieurs dizaines d’années sur ses principaux représentants, le grand mouvement artistique de l’Art Nouveau. Frank Lloyd Wright, Gaudi, Le Corbusier ou Jean Nouvel se réclament de ses travaux et écrits sur l’architecture et en particulier de l’usage de matériaux modernes comme l’acier ou la pierre liquide (le béton).
Aurélien Bellanger, croise deux récits, l’un sur la vie de ce génial architecte et l’autre sur un tailleur de pierre et son jeune disciple qui, comme les Compagnons du devoir, parcourent la France, de chantier en chantier. Un roman passionnant, fruit de recherches importantes, qui instruit sans ennuyer, et donne envie d’aller visiter et revoir ces miracles d’architectures que sont ces illustres monuments.
Pierre-Pascal Bruneau

La solitude des professeurs est infinie, Yannick Haenel (première sélection du Prix Goncourt)

Gallimard, Collection Blanche
date de parution : 20 Août 2026
ISBN : 9782073161925, 320 pages

« La vie de prof m’apparut épuisante : elle appelait des forces qui ne servent qu’à être brûlées. Parfois, un cours qu’on a préparé avec minutie se change en un exécrable foutoir ; on pourrait pleurer devant un tel gâchis. Parfois, au contraire, et sans qu’on y soit pour grand-chose, tout est fluide, studieux, inventif : ce sont alors les élèves qui font le cours ; et rien n’égale ces minutes de partage. » p. 68

C’est la rentrée ! Oh, encore un livre sur les profs ? Oui, et… non. Oui, parce que le roman s’ouvre sur la première rentrée de Jean Deichel, personnage principal et narrateur du roman. Dès cette année de stage, la réalité, ses difficultés, ses violences et autres petites mesquineries mettent à rude épreuve la belle vocation du jeune homme. Et non, parce que loin de déployer récriminations et lamentations attendues, Jean porte un regard sur le monde qui réunit les éléments réalistes pour en vivre une version poétique. Attentif aux beautés de la nature autant qu’à ses élèves, le narrateur ne s’avoue pas encore vaincu et poursuit malgré tout sa quête du cours réussi. Ainsi, le cœur du roman est finalement une ode à l’art de transmettre. Le lecteur suit avec plaisir le récit émaillé d’humour d’un jeune homme fort sympathique dont l’écriture est aussi douce et poétique que son art de vivre. Finalement, la carrière de professeur de Yannick Haenel sera de courte durée ; c’est dommage pour les élèves, mais c’est heureux pour les lecteurs !
Véronique Fouminet

La Rédemption, Jean-Noël Orengo 

Grasset
Date de parution : 2 septembre 2026
ISBN : 9782246843078, 416 pages

« La Libération signifiait pour lui plus que la mort. L’humiliation en raison de ses choix, de son socialisme fasciste, de ses articles dans la presse collaborationniste, de toutes ses amitiés allemandes qui avaient si bien servi pour libérer ses amis résistants ou juifs inquiétés, des amitiés qui seraient des preuves pour ses nouveaux geôliers. » p.330

Collaborationniste, c’est à dire quelqu’un qui adhère à l’idéologie nazie et en particulier à la haine des juifs, Pierre Drieu La Rochelle est sans doute l’un des intellectuels qui s’est le plus compromis pendant l’occupation. Ami proche d’Otto Abetz, ambassadeur de l’Allemagne nazie en France, il se rend à Weimar en1941, aux côtés de Robert Brasillach, de Jacques Chardonne, et d’autres auteurs français, au « Congrès des écrivains européens » organisé par Joseph Goebbels, ministre de la propagande d’Hitler. L’auteur du Feu follet et des Chiens de paille est aussi celui du Socialisme fascite. Directeur de la NRF de 1940 à 1943, Drieu publie des articles dans certains journaux collaborationnistes. Il se suicidera en mars 1945. Pourtant, contrairement à Céline, admiré pour son talent d’écrivain et détesté pour son atroce antisémitisme, Pierre Drieu La Rochelle bénéficie de l’indulgence des écrivains qu’ils soient de gauche ou de droite. Alors pourquoi ce traitement de faveur ? Jean-Noël Orengo, dans un roman remarquablement documenté, nous montre les failles et la fragilité de l’écrivain et comment, par son comportement, il mérite sa rédemption.
L’auteur nous raconte notamment l’histoire d’amour de Drieu pour Colette Jéramec, jeune femme issue d’une riche famille juive. Des années après leur séparation, Colette et ses deux enfants sont arrêtés et internés à Drancy en 1943. Voués à une mort certaine, Drieu parviendra à les faire libérer et à les sauver. Colette, la Libération venue, fera tout pour le protéger et le sauver.
Mais « L’homme couvert de femmes » ne se cantonne pas à des actes guidés par ses seuls sentiments amoureux. Il est avant tout, même si ses idées sont blâmables, un intellectuel intègre. Ce que l’on sait peu, ou pas, et les biographies de Drieu La Rochelle seraient quasi muettes sur ce point, c’est qu’il fait en sorte que, non seulement de nombreux auteurs ne soient pas inquiétés, mais qu’il parvient également à obtenir la libération d’écrivains, qu’ils partagent ou non ses idées, comme Jean-Paul Sartre ou François Mauriac. Sartre, avec Simone de Beauvoir, demanderont néanmoins la mort de Drieu, alors que la majorité des écrivains résistants, Malraux et Aragon en tête, s’y opposera.
Pierre-Pascal Bruneau

De l’autre côté du lac, Sylvain Prudhomme (première sélection du Prix Goncourt)

Éditions de Minuit
Date de parution : 27 Août 2026
ISBN : 9782707358233, 288 pages

« Si pour la deuxième fois elle reste, je refuse l’idée que c’est par inconscience. Epuisement ? Envie d’en finir ? Quelques heures à peine après la terreur de l’avalanche, je n’y crois pas. (…) Si Paola reste, c’est pour une raison simple : c’est qu’elle a rendez-vous. Se sent si puissamment appelée qu’elle ne veut plus se dérober. » p. 237

Le roman s’ouvre sur une rencontre, dans un parking à la sortie d’un village entouré de montagnes, près d’une réserve naturelle. Cette rencontre, aussi brève soit elle, éblouit le narrateur. Ils échangent leurs adresses mail puis repartent chacun de son côté, elle dans sa voiture, lui rejoint un ami pour une randonnée botaniste. De retour, il cherche à en savoir plus sur Paola Alba, photographe réputée pour ses clichés « à l’ancienne ». Alors qu’un projet évoqué par mails d’une randonnée n’aboutit pas, le narrateur apprend que Paola est repartie, avec son lourd matériel, pour cette magnifique réserve naturelle qui semble la fasciner. Puis, une étrange découverte : un cadavre au milieu de cette réserve interdite aux hommes. Voilà qui surprend… Mais le roman ne devient pas un roman policier et les équipes, botanistes, archéologues, doivent quitter le refuge. Paola cependant veut toujours savoir plus, voir plus et mieux alors, elle repart ; toute seule, admirer et photographier la « Réserve du Lac ». Et Paola disparaît ! Le narrateur n’accepte pas l’idée de cette « disparition », convaincu qu’elle est toujours vivante malgré l’hostilité de la nature. Il rencontre donc tous ceux qui l’ont bien connue et se lance dans la reconstitution des derniers jours. Le lecteur suit donc cette double quête : qui est Paola et que lui est-il arrivé ? Sa disparition a-t-elle un sens caché ? La grande réussite de Sylvain Prudhomme est de maintenir une tension entre volonté de savoir et admiration de la nature intacte. Un beau roman, entre quête amoureuse et existentielle.
Véronique Fouminet

L’adolescence du perroquet, Amélie Nothomb

Albin Michel
Date de parution : 19 août 2026
ISBN : 9782226513045, 160 pages

« (…) si l’on m’avait donné à choisir entre zigouiller Jo ou Marthe, je n’aurais pas hésité un seul instant, c’est elle que j’aurais étranglée. Étais-je un monstre ? Sans doute. » p.85

Nous connaissons l’amour d’Amélie Nothomb pour les oiseaux. Elle en parle souvent dans ses entretiens et parfois dans ses livres. À l’image de Colette ou de George Sand, l’autrice consacre son roman annuel intégralement à un animal : Jo, un perroquet gris du Gabon. L’adolescence du perroquet se déroule pour une grande part pendant le confinement. Un jeune trentenaire, éditorialiste à la radio, livre quotidiennement à ses auditeurs un billet d’humeur. Le don d’un oisillon, fortuit et inattendu, par un voisin, va transformer et même bouleverser sa vie. Cet oisillon s’avère être doté de dons exceptionnels, non seulement pour le chant et la parole, mais aussi pour comprendre son maître. L’oiseau, dont l’évolution du caractère suit celle d’un enfant, puis d’un adolescent, est exclusif dans son affection. Jaloux, le psittacidé s’avère d’une agressivité dangereuse. Muni d’un bec puissant, il ne se contente pas de détruire l’appartement de celui qui, pourtant, lui voue un amour inconditionnel, mais attaque violemment les indésirables. Ce comportement finit par isoler totalement le jeune homme du monde extérieur.
Difficile de publier chaque année des romans aussi forts que Stupeur et tremblements, Soif ou Premier sang. L’adolescence du perroquet n’en a ni la force, ni la portée. Pourtant, comme les histoires animalières de grands auteurs, ce nouveau roman séduira celles et ceux qui ont une passion pour les oiseaux et les animaux de compagnie.
Pierre-Pascal Bruneau

Chronique d’un royaume perdu, Ananda Devi (première sélection du Prix Goncourt)

Grasset
Date de parution : 19 Août 2026
ISBN : 9782246846949, 464 pages

« Les anciens maîtres n’avaient certes jamais payé pour leur infamie. Mais y avait-il un prix commensurable à celle-ci ? Pourquoi Marcel serait-il appelé à payer pour tout et pour tous, le passé et le futur ? Il était un illuminé, c’était tout. Louis non plus n’était pas innocent.
Chaque coup de fouet était une manière de perpétuer les crimes du passé, non de les racheter. » p. 362

Quelle saga ! Ananda Devi nous conte l’histoire d’un petit village sur quatre générations. Destiné à Virginie, dernière enfant de la quatrième génération, cette histoire débute vers 1860, au sud de l’île Maurice. Tout commence par un péché : les amours adultères de madame Dumontais, épouse blanche d’un colon propriétaire, et d’un affranchi noir, appelé le Vieux Bouc. De cette passion naissent trois enfants. Mais, évidemment, ils n’ont pas la couleur souhaitée…Dumontais reste tout d’abord aveugle, ou indifférent, à cette particularité et les élève comme s’ils étaient ses propres enfants. Dans le même temps, le Vieux Bouc fréquente assidûment d’autres femmes et en particulier Zénie Félicité.
Puis, madame Dumontais meurt ; le riche propriétaire chasse avec fracas cette « étrange fratrie ».
Dans leur exil, ils s’arrêtent dans un lieu agréable, en bord de mer, au bout d’un sentier improbable, qu’ils nomment le Bouchon. Les enfants Félicité les rejoignent, ainsi que Magritte Charretier, fille d’un colon, amoureuse de Raymond Dumontais. Les couples se forment, le temps passe, les enfants naissent… Ils mènent une existence simple, qu’ils espèrent à l’écart du monde. Les familles restent en dehors des conflits, crises et guerres mondiales. Il leur faut cependant résister plusieurs fois aux assauts des Dumontais, blancs, qui revendiquent le territoire. Cette magnifique fresque permet à Ananda Devi de poser les questions essentielles liées à la colonisation, à la démarcation imposée par la couleur de peau que l’utopie de cette fratrie nie tout simplement. Mêlant faits historiques, réalisme et merveilleux, l’autrice invite le lecteur à la fois au divertissement et à la réflexion. A travers les récits et les générations, ce sont la violence, l’asservissement, le colonialisme et le capitalisme qui sont exposés, étudiés, accusés. Le roman s’achève aux débuts de la décolonisation, quand un fonds d’investissement sud-africain cherche à acquérir ce lieu magnifique afin d’y implanter un gigantesque resort de luxe destiné aux touristes internationaux. Le lecteur, encore étourdi de couleurs, de saveurs, et de sensualité, est alors renvoyé à un monde bien contemporain.
Véronique Fouminet

Le Palais, François-Henri Désérable

Gallimard, Collection Blanche
Date de parution : 20 Août 2026
ISBN : 9782073159212, 416 pages

« Mais ce n’est pas ainsi que les choses se passèrent. Les amateurs de feel-good, s’il y en a, sont priés de descendre à cette station. « Ils vécurent heureux et burent beaucoup de vin » : voilà précisément comment ne se termine pas cette histoire. Elle se termine, on le sait, on l’a bien assez répété, au tribunal judiciaire de Dijon – mais nous n’en sommes pas encore là. » p. 355

François-Henri Désérable nous propose un vrai roman d’aventure ! Le lecteur découvre le héros, Arun Kumar, le jour où celui-ci, parti d’Inde, arrive en France pour rejoindre ses parents adoptifs. Les parents habitent Beaune, où le père tient un restaurant de renom, le Bon Gueuleton. Arun grandit dans l’amitié de Margot, fille du célèbre vigneron propriétaire du grand cru Le Clos des Toucans. C’est presque par hasard qu’il découvre son don : il a un palais absolu ! Il est capable de goûter, sentir, analyser la moindre nuance de saveur et, surtout, de s’en souvenir. Cela ne l’empêche pas de continuer à grandir, faire les 400 coups avec Margot et, surtout, apprendre tout ce qu’il est possible de savoir à propos du vin. Mais, un jour, coup de tonnerre : la critique du millésime du père de Margot n’est pas bonne ! Le vigneron ne peut y survivre. S’ensuivent alors une série de rebondissements qui mènent le lecteur à travers le monde, à la suite d’Arun bien décidé à venger celui qui lui a tant appris. C’est aussi l’occasion de croiser des personnages divers et variés, tous parfaitement croqués. François-Henri Désérable mêle narration et savoir œnologique avec gourmandise, tout en s’amusant du monde des critiques. Le lecteur apprend autant qu’il se réjouit de suivre les aventures d’Arun, racontées d’une écriture vive et enjouée. L’auteur, fidèle à son habitude, multiplie les moments de complicité avec le lecteur, les traits d’humour et le plaisir de jouer avec les règles romanesques. Plaisir partagé !
Véronique Fouminet

Le septième siffleur, Colin Niel (Prix Amerigo Vespucci 2026)

Le Seuil Cadre Rouge
Date de Parution : 21 Août 2026
ISBN : 9782021624960, 328 pages

 » Elle n’aurait pas su dire pourquoi, si c’était cette impression de liberté géante qu’ils dégageaient ailes déployées, affranchis de tout contact avec le sol, si c’était l’infinie diversité des formes de leurs becs ou de leurs ailes ou de leurs pattes, si c’était juste cette sensation de les avoir toujours côtoyés et vus revenir sur les hauteurs du Glenlivet, cette familiarité qui les rendait si proches et pourtant si différents. Mais c’était là, ancré en elle comme un amour secret. » p.37

Le roman débute dans les Highlands écossais où une jeune femme, Fiona, s’efforce de prêter main forte à son mari fermier. Manifestement, l’entente n’est pas vraiment cordiale et Fiona, qui ne cesse de se déprécier, ne semble pas heureuse. De plus, leur fils est atteint d’une grave maladie et semble préférer la compagnie de son père, un peu bougon et taiseux. Un jour, tout change : Fiona échange quelques instants avec Bonnie, une responsable d’agroenvironnement, qui milite pour la sauvegarde des oiseaux migrateurs. L’horizon de Fiona s’élargit soudain et, en cachette de son mari, elle adapte une parcelle de la ferme à la nidification possible des oiseaux, en particulier le courlis cendré. Colin Niel surprend alors le lecteur qui se retrouve en France, en baie de Somme. Willy, un chasseur, un sauvaginier, rêve aussi d’oiseaux, mais d’une autre manière ! Cependant, ses goûts et convictions sont mis à mal par son jeune fils anti-chasse. C’est un autre fils, Hamza, qui, au Maroc, rêve de migration, humaine cette fois. Pourtant, à la grande surprise de son ornithologue de père, il verra bel et bien un courlis. L’auteur tisse avec efficacité ces trois récits qui tous ont pour héros l’oiseau migrateur, quel que soit le nom que lui donne chacune des cultures. Le romancier ne juge ni ne tance, il donne à voir la beauté de la nature et à entendre le cri d’alarme à travers le chant du limicole. Servi par une écriture élégante et parfois poétique, chaque personnage est touchant, attachant et le lecteur espère à son tour voir le bel oiseau changer le destin de chacun. Un roman empli d’émotions et de beauté !
Véronique Fouminet
Essais, biographies, récits

L’inconnue du quai de Javel, Philippe Jaenada (première sélection du Prix Goncourt)

Flammarion
Date de parution :
ISBN : 9782080490896, 528 pages

 » Lorsqu’on lit les journaux, et plus encore le rapport de Ferrière, on a l’impression diffuse mais vite ancrée, que Lise était une fille plus que facile, pas loin d’une trainée qu’on allongeait sans effort (…). Le recul et la chronologie de sa vie donnent une tout autre image. » pp 445 et 446

Le 6 septembre 1949, le cadavre d’une jeune femme est découvert quai de Javel, non loin des usines Citroën. La victime est rapidement identifiée, il s’agit de Louise Cansot, un  des modèles préférés de plusieurs peintres, et non des moindres, du Montparnasse de ces années. Mais qui en est l’assassin ? Le quai des Orfèvres mène une enquête approfondie, dirigée par l’inspecteur Ferrière. En dépit de recherches minutieuses et d’un spectre exceptionnellement large, Ferrière, aveuglé par des préjugés misogynes, ne parvient pas à élucider l’affaire.
L’inconnue du quai de Javel est un véritable tour de force : Philippe Jaenada réussi à élucider ce crime commis il y a soixante-dix-sept ans. Grâce à une équipe de chercheurs hors pair, il se lance dans de formidables et passionnantes recherches. Pour cette nouvelle affaire, il endosse le lourd manteau de Jules Maigret, et, tout en faisant référence à un grand nombre des ses enquêtes (la liste en est donnée en fin de volume), il réussit à découvrir qui est l’assassin de Louise Cansot.
Vers la page trois cents, avant que « la clé tourne », on se dit, mais où nous emmène-t-il ? Où veut-il en venir ? De fausses pistes en chemins de traverse, on pense l’assassin découvert, mais à chaque fois un fait nouveau l’innocente. Les petits pas, « la brouette que l’on pousse », lentement, avec application, conduisent pourtant, quand on a presque perdu espoir, à l’apothéose. Alors que Philippe Jaenada est sur le point de clore ses recherches, c’est le coup de théâtre, l’extraordinaire découverte.
Après Pauline Dubuisson (La petite femelle, Julliard, 2015), Henri Girard alias Georges Arnaud (La serpe, Julliard, 2017), et Alain Laprie (Sans preuve ni aveu, Miallet Barrault, 2022), cette nouvelle enquête constitue un véritable tour de force. Comme toujours, le livre, émaillé de digressions, souvent joyeuses et drôles, décrit pas à pas une enquête minutieuse. Ne vous laissez pas décourager par la longueur du récit, vous en serez récompensé vers la toute fin du livre.
Pierre-Pascal Bruneau

La guerre éternelle, Olivier Rolin

Gallimard Blanche
Date de parution : 20 Août 2026
ISBN : 9782073121349, 224 pages

« Troie est la mère de toutes les villes, et surtout la mère de toutes les villes détruites. Elle n’est si belle que parce qu’elle va être saccagée, c’est la proximité du désastre qui exalte sa splendeur, en elle se concentre toute la criante que nous éprouvons pour la fragilité de la Beauté, la versatilité de la Fortune. En retour, sa magnificence livrée aux flammes accentue l’horreur de la catastrophe : c’est une petite fin du monde. » p. 179

Peut-être avez-vous été saisi par l’engouement pour l’Odyssée, provoqué par le film de Christopher Nolan (et ses polémiques) sorti cet été. Olivier Rolin, préfère l’Iliade ! Après tout, il faut d’abord la guerre pour qu’on puisse en raconter le retour… Surtout, il en en ressent « plus fortement la gravité » (p.15). Il s’attache dans son récit à non seulement en dire les moments cruciaux, mais, surtout, à rendre compte des différentes études à propos du site de Troie. Le lecteur est donc embarqué. Il participe au voyage à travers le temps et la géographie, accompagné de divers savants et hellénistes avertis. Olivier Rolin plonge dans l’Histoire et établit de remarquables parallèles entre Antiquité et époque moderne ou contemporaine. En effet, la destruction d’une ville, de Sarajevo, de Smyrne aux Dardanelles, de Dresde, de Marioupol ou Gaza, suit tristement le même schéma que celle de Troie, mère de toutes les batailles. A cette belle érudition, rendue agréable sous la plume légère de l’auteur, s’ajoutent les souvenirs personnels de voyage ou de lectures. Un texte passionnant, subtil et profondément humain !
Véronique Fouminet

Vivre sans bonheur et n’en point dépérir, Véronique Ovaldé

Flammarion
Date de parution : 19 août 2026
ISBN : 9782080511096, 208 pages

 » Le Père, pris de l’une de ses humeurs intéressantes, fait la gueule, penché sur son bol de Viandox, pendant que la Mère sert du saumon fumé, des blinis, de la poularde, une bûche glacée et des crottes en chocolat. Elle a passé la journée à tout préparer. Il n’a pas l’intention de toucher à la moindre miette de nourriture qu’elle pose sur la table. Il se rencogne dans son obscure détestation des siens. » p.104

Véronique Ovaldé, autrice de nombreux romans et nouvelles comme À nos vies imparfaites (Flammarion, 2025, Goncourt de la Nouvelle 2025), continue d’analyser et de décortiquer les « vies minuscules » des familles et des couples. Si de nombreuses autrices et auteurs ont écrit, ces dernières années, sur le phénomène de l’emprise, Véronique Ovaldé, dans Vivre sans bonheur et n’en point dépérir, traite de ce thème sous un angle nouveau : comment la douceur, la bonté, qui conduisent immanquablement au renoncement, peuvent être, malgré l’emprise et la soumission à un monstre, source de joies réelles.
C’est au portrait de sa mère que ce livre est consacré. Victime d’un mari tyrannique et venimeux, la pauvre femme n’a aucune échappatoire. Pour faire ce portrait, Véronique Ovaldé, va au de-là de la vraie vie de sa mère et imagine des répliques, des réactions salutaires, qui auraient pu lui faire mener une autre existence. L’autrice, évitant les écueils du misérabilisme et de la pitié, que pourtant la vie de sa mère susciteraient, nous fait découvrir une femme formidable, aimante, dotée d’une grande force intérieure.
Pierre-Pascal Bruneau

Bandes dessinées

Beauvoir made in America, Valérie Urrea, Lisa Chetteau, Nathalie Masduraud

Gallimard BD Hors Série
date de parution : 19 Août 2026
ISBN : 9782075212885

À travers huit chapitres et autant de portraits, Beauvoir made in America révèle une nouvelle Simone de Beauvoir – libre, mordante, amoureuse – et dessine le voyage initiatique qui nourrira les théories du Deuxième Sexe, la future bible du féminisme.
Janvier 1947. Simone de Beauvoir embarque pour quatre mois de conférences dans les plus prestigieuses universités des États-Unis. De New York à La Nouvelle-Orléans, en passant par Chicago, Los Angeles et le Nouveau-Mexique, c’est en femme de gauche et en philosophe existentialiste qu’elle parcourt l’Amérique ségrégationniste. Autant d’étapes et de rencontres qui l’aident à éprouver sa liberté, mais aussi à observer les différences entre les sexes et à s’interroger : qu’est-ce qu’une femme ? (Note de l’éditeur)

En liberté : Douze mois d’immersion en prison(s) avec la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Mathieu Sapin

Éditions Charivari
Date de parution : 28 Août 2026
ISBN : 9782487663497, 96 pages

Du ministère de l’intérieur aux prisons, il n’y a qu’un pas – et quelques barreaux ! – que Mathieu Sapin n’a pas hésité à franchir quand Dominique Simonnot, la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté le lui a proposé. Mathieu Sapin a arpenté ces lieux où le commun des mortels ne va jamais : l’établissement pour mineurs de la Valentine à Marseille, les prisons de Nantes et de Vendin-Le-Vieil (où le premier quartier de haute sécurité est entré en service en juillet 2025, sous la houlette de Gérald Darmanin), la clinique psychiatrique de Bully-les-Mines, le centre de rétention administrative de Geispolsheim, etc. Le bd reporter raconte le vertige de ces lieux pour ceux qui y entrent pour la première fois, et ceux qui y passent un certain nombre d’années, dans des conditions souvent dégradées et parfois inhumaines. (Note de l’éditeur)

L’Odyssée : Intégrale : D’après Homère, Clotilde Bruneau, Luc Ferry, Giovanni Lorusso, Giuseppe Baiguera

Glénat  La Sagesse Des Mythes
Date de parution : 24 Juin 2026
ISBN : 9782344076118, 232 pages

Dans cette intégrale exceptionnelle à tirage unique, avec une couverture inédite pour l’occasion, retrouvez la puissance des textes d’origine et une œuvre qui a façonné notre imaginaire collectif.
L’Odyssée d’Homère est le récit initiatique par excellence : une fable intemporelle à la fois édifiante et épique qui confronte un héros à lui-même et au monde qui l’entoure. Ce voyage d’Ulysse, qui s’étend sur plus de dix années, semé d’embûches et de rencontres marquantes (le cyclope Polyphème, la magicienne Circé, l’île des Lestrygons, les sirènes, le pays des Lotophages…), nous plonge au cœur des grands thèmes fondateurs de la mythologie et de la philosophie grecques : la rédemption après l’hubris, recherche d’une vie bonne, l’harmonie avec le cosmos, et la quête du sens de l’existence. En revenant aux textes fondateurs, portés pour la première fois scrupuleusement en bande dessinée, et en les éclairant de son savoir de philosophe, Luc Ferry propose un ouvrage de référence, à la fois divertissant et éducatif, dont la parution sera concomitante de la sortie du nouveau film-évènement L’Odyssée de Christopher Nolan. (Note de l’éditeur)

L’Odyssée Tome 1 : Ulysse, Maxe L’Hermenier, Thomas Labourot (Dessins)

Bamboo Nootilus
Date de parution : 8 Juillet 2026
ISBN : 9791041120604

Pour rentrer chez lui, il devra défier les dieux. La guerre de Troie est terminée depuis longtemps. Pourtant, Ulysse erre encore sur les mers, victime de la colère des dieux. Entre tempêtes, monstres redoutables et îles mystérieuses, chaque escale le rapproche autant du danger que de son destin. Mais rien ne pourra lui faire oublier sa promesse : retrouver sa femme et son fils. Une adaptation en bande dessinée épique et accessible du chef-d’oeuvre d’Homère, entre aventure, magie et émotion. (Note de l’éditeur)

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Claire Alet

Photo Jérôme Panconi, publiée dans Télérama, 15 octobre 2025

« Aux origines de la domination masculine »

Un entretien mené par Pierre-Pascal Bruneau du Temps Retrouvé, librairie française d’Amsterdam
Een gesprek (in het Frans) met Pierre-Pascal Bruneau van Le Temps Retrouvé, Franse boekhandel in Amsterdam

Le vendredi 11 septembre 2026 à 19 heures
À l’ancienne maison de L’Échappée Belle
Spiegelgracht 2A, 1017JR Amsterdam

Pour réserver cliquer ici / Klik hier om te reserveren :
RÉSERVATION – Claire ALET

Claire Alet a travaillé comme journaliste puis rédactrice en chef adjointe pendant une quinzaine d’années au magazine Alternatives économiques. Elle a par ailleurs développé une activité d’autrice de films documentaires sur des sujets d’économie et d’histoire des idées, diffusés sur Arte. Depuis début 2022, elle co-dirige une collection de littérature du réel chez Bayard. Engagée dans la lutte contre les inégalités femmes-hommes, elle a co-fondé en 2014 l’association de femmes journalistes Prenons la une. (Source : site des éditions du Seuil)
Claire Alet heeft ongeveer vijftien jaar als journaliste en vervolgens als adjunct-hoofdredactrice bij het tijdschrift Alternatives économiques gewerkt. Daarnaast heeft ze zich ontwikkeld als maker van documentairefilms over economische onderwerpen en de geschiedenis van het denken, die op Arte worden uitgezonden. Sinds begin 2022 is zij medeverantwoordelijk voor een reeks non-fictieboeken bij Bayard. Ze zet zich in voor de strijd tegen ongelijkheid tussen mannen en vrouwen en was in 2014 medeoprichtster van de vereniging van vrouwelijke journalisten Prenons la une. (Bron: website van uitgeverij Seuil)

Matrice, aux origines de la domination masculine

Points
Date de parution : 26 septembre 2025 (et le 11 octobre 2024 au Seuil)
ISBN : 9791041421818, 256 pages

D’où vient la domination masculine et comment s’est-elle imposée dans les sociétés humaines ? Quelle est sa matrice, c’est-à-dire la structure qui la façonne ? Et pourquoi est-elle encore si prégnante de nos jours ?
Partant de son expérience intime, la journaliste féministe Claire Alet mène l’enquête sur l’origine des violences de genre, des discriminations sexistes et des inégalités entre les femmes et les hommes. Elle revisite des interprétations de chercheurs, qui ont longtemps été exclusivement des hommes, en remontant jusqu’à la préhistoire et à la révolution néolithique. Conjuguant approches historique, anthropologique, sociologique et philosophique, elle déconstruit le mythe selon lequel la « domination masculine a toujours existé ». Plus qu’un essai, ce récit tisse des liens entre nos connaissances scientifiques et nos existences personnelles et montre à quel point nos vies s’inscrivent dans une histoire systémique. Dévoiler cette mécanique implacable, c’est déciller nos regards, c’est ouvrir à une conscience émancipatrice. (Note de l’éditeur)

Waar komt de mannelijke dominantie vandaan en hoe heeft deze zich in menselijke samenlevingen doorgezet? Wat is de basis ervan, dat wil zeggen de structuur die deze vormgeeft? En waarom is deze vandaag de dag nog steeds zo alomtegenwoordig?
Vanuit haar persoonlijke ervaring onderzoekt de feministische journaliste ClaireAlet de oorsprong van gendergerelateerd geweld, seksistische discriminatie en ongelijkheden tussen vrouwen en mannen. Ze herbekijkt interpretaties van onderzoekers – die lange tijd uitsluitend uit mannen bestonden – en gaat daarbij terug tot de prehistorie en de neolithische revolutie. Door historische, antropologische, sociologische en filosofische benaderingen te combineren, ontkracht ze de mythe dat ‘mannelijke dominantie altijd al heeft bestaan’. Dit verhaal is meer dan een essay: het legt verbanden tussen onze wetenschappelijke kennis en ons persoonlijk bestaan en laat zien in hoeverre onze levens deel uitmaken van een systemische geschiedenis. Door deze onverbiddelijke dynamiek bloot te leggen, openen we onze ogen en maken we ons bewust van een emancipatorisch bewustzijn. (Noot van de uitgever)

Pour réserver cliquer ici / Klik hier om te reserveren :
RÉSERVATION – Claire ALET

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Cet évènement est organisé en association avec  la librairie Le Temps Retrouvé, L’institut français et Monsieur Théâtre.
Dit evenement wordt georganiseerd in samenwerking met de boekhandel Le Temps Retrouvé, de Institut français en Monsieur Théâtre.

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