Le vendredi 27 mars nous avons eu la chance de recevoir Michel Jean, le grand écrivain québécois, d’origine Innue. Nous avons parlé des tragédies qui se sont abattues sur son peuple. Ces tragédies, il les raconte dans ses romans, non en tant que militant de la cause des peuples autochtones du Canada, mais comme le grand écrivain qu’il est. Pour lui, mieux vaut « parler aux gens en les touchant au cœur », pour « les sensibiliser plus qu’essayer de les convaincre en parlant à leur cerveau ». Lisez Qimmik, son dernier roman sur le grand Nord et les chiens innus, pour être « touchés au cœur. » Autre roman qui nous a séduit, Les recyclés, de Georges-Olivier Châteaureynaud, une dystopie dérangeante, dans laquelle il imagine un monde où les êtres humains pourraient être recyclés.
Mais, dans cette Lettre du mois de mars, nous vous proposons surtout des essais et des récits.
Deux « nuit au musée » : le romancier Éric Reinhardt a choisi de passer sa « nuit », à Rome, dans la Galleria Borghese. Quant à Evelyne Bloch-Dano, la grande biographe, spécialiste de Marcel Proust, elle passera la nuit avec les grandes dames de la Belle époque dans la toute récente Villa du Temps Retrouvé, à Cabourg. La sociologue et économiste Isabelle Guérin, traite, dans La femme endettée d’un sujet méconnu et passionnant, le rôle des femmes dans le monde de la finance. Mathieu Terence, dans une satire bien enlevée, critique vertement la tendance actuelle de certaines maisons d’éditions de sacrifier leur âme à ce qu’il appelle « L’Entreprise Éditoriale ». Emanuele Arioli, un des nos auteurs préférés (lire, si ce n’est pas déjà fait, son Ségurant, le chevalier au dragon, Les Belles Lettres, 2023), nous parle cette fois de la fée Morgane. On connait peu l’histoire de cette (demi)sœur du roi Arthur. L’auteur nous fait découvrir une femme extraordinaire, un beau livre, joliment illustré.
Pour les adolescents, Marie vareille, l’autrice de La vie rêvée des chaussettes orphelines (Éditions Charleston, 2024), nous transporte en Corrèze sur une période qui se déroule de la fin du XIXème siècle jusqu’à nos jours. Un roman fort qui devrait séduire les adolescents. Et puis La politique, c’est quoi ? de Lucie Lemoine et Marie Dortier, un livre ludique et bien fait pour expliquer ce qu’est la politique aux enfants (à partir de six ans).
Enfin, du côté des bandes dessinées, signalons La marche des femmes (Albin Michel) de Michèle Perrot, la grande historienne et militante du droit des femmes.

Stock, La bleue
Date de parution : 18 mars 2026
ISBN : 9782234105645, 192 pages
» Ce n’était pas tant du chagrin amoureux que j’éprouvais, puisque je ne savais pas si je pouvais raisonnablement aimer un homme qui me faisait penser à un ver alimentaire – ou un petit habitant ,comme disait ma grand-mère lorsqu’elle découvrait ses pots de farine impropres à la consommation – dès que je le voyais nu. Ce qui me chagrinait, plus que la façon dont il me traitait, c’était mon incapacité à mettre un terme à cette relation malgré ses dégâts collatéraux sur mon insouciance et ma gaîté. » pp. 83 et 84
Appolline Averacius est tête en l’air, dépendante et inconséquente, mais charmante. Dans la première partie du livre elle se retrouve enfermée dans sa minuscule chambre de bonne où il fait un froid glacial. Après avoir appelé son père, son sauveur attitré, qui pêche en Alaska et qui donc ne peut pas venir la secourir et une amie qui ne peut pas venir non plus, elle finit pas être délivrée par un voisin. Car le temps presse. Nous sommes le 31 janvier et Appolline doit se rendre à une soirée pour le réveillon. Une soirée importante : elle écrit et souhaite voir un de ses articles publiés dans Socophante, la revue littéraire qui compte. Jeune autrice belge, Daphné Tamage, dans ce deuxième roman, brosse une gentille satire du monde littéraire. Un roman drôle, touchant, un livre un peu lunaire, plein de charme et de surprises.
Pierre-Pascal Bruneau
Les Recyclés, Georges-Olivier Châteaureynaud
Grasset
Date de parution : 28 Janvier 2026
ISBN: 9782246842996, 192 pages
« – Vous, qui vous a jeté ?
La question est abrupte. Indiscrète. Nivôse décide de ne pas s’en formaliser. Quelqu’un devait la lui poser. Reste qu’il lui coûte, en disant la vérité, de se couper d’emblée de cette communauté d’exclus, d’ailleurs probablement sans lendemain. » p. 40
Georges-Olivier Châteaureynaud imagine notre monde dans le futur… peut-être pas si lointain. Ce monde ressemble encore au nôtre, mais, un nouveau droit a surgi. Chacun a le droit d’engager une procédure légale contre un conjoint ou un membre de la famille : le recyclage ! Plus encore, il est possible de demander soi-même à être recyclé. C’est ce qu’a fait Nivôse, professeur de latin, récemment retraité. Le roman s’ouvre le jour-même du « ramassage des recyclés » ; Nivôse est serein, ou indifférent, puisque c’est son choix, la jeune adolescente, unanimement jugée insupportable, l’est un peu moins… Arrivés au Centre spécialisé, les recyclés sont répartis, reçus par un référent qui leur attribue une place dans un dortoir. La vie est organisée par l’administration et les gardiens ; les relations entre pensionnaires se nouent. Puis, vient la fin de semaine. A la manière de la SPA de notre monde, l’administration organise des présentations publiques au cours desquelles les pensionnaires sont mis à disposition pour … l’adoption ! Nivôse sera-t-il adopté ? Puis, choyé ou rendu au Centre ? La réussite de cette dystopie tient sans doute à la grande proximité avec le présent qui rend tout cela fort vraisemblable. Le style fluide, élégant, faussement détaché, souvent ironique crée un univers à la fois proche et glaçant. Le lecteur est ému par le mélancolique personnage principal, intellectuel perdu dans un monde qui ne semble pas vouloir de lui. En s’emparant d’une question fort contemporaine, Georges-Olivier Châteaureynaud ne donne pas de leçon aux lecteurs mais encourage, en creux, discrètement, à interroger notre société, les rapports humains, et leur usure. Un roman singulier et troublant !
Véronique Fouminet
Qimmick, Michel Jean
Le Seuil
Date de parution : 11 avril 2025
ISBN : 9782021583632
« Le ciel, le roc, l’océan. Sous une lumière obscène, face à l’Arctique, mer de glace. Terre nue. Pays sans arbre. Entre le ressac et le silence, le vent, le vent du nord, règne sans partage. Son souffle glacial soulève les flots, emporte dans son sillage des tourbillons de neige qui courent sur la terre comme sur l’eau. La toundra gronde. » p.10
Qimmik, c’est le nom du chien d’Éve, une jeune et brillante avocate. Collaboratrice d’un grand cabinet de Montréal, on lui confie la défense, pro bono, de Beaulieu, un homme d’origine inuit, accusé du meurtre de deux retraités, deux anciens et paisibles policiers. Êve, accompagnée de son chien, le fidèle Qimmick, et de Nadège, son assistante, mène l’enquête.
Michel Jean, nous raconte aussi, dans un récit croisé, en apparence sans rapport avec celui d’Êve et de son chien, l’histoire d’un couple d’inuits qui vécut, dans les années soixante, dans la forêt boréale. Shullu a quinze ans lorsqu’elle tombe amoureuse de Laajuk, un bel et fort indien de dix-huit ans, accompagné de leur fidèle chien. Le récit de la chasse à l’ours et au phoque, de leur mode d’existence, de leur amour, est superbe et envoûtant.
Qimmik parle de la dernière tragédie que les peuples autochtones du Canada ont subie. Après une sédentarisation imposée par le gouvernement et la confiscation de leurs territoires, après que près de cent cinquante mille enfants ont été arrachés à leurs familles pour les enfermer dans des pensionnats où ils étaient sensés être « rééduqués », pensionnats dans lesquels des prêtres leur ont fait subir les plus atroces sévices, dans une totale impunité, le gouvernement canadien a ordonné le massacre, par la police, de quelques vingt-mille chiens inuits. Dans les années soixante, on comptait près de vingt mille chiens de cette race magnifique. Il n’en reste aujourd’hui que quelques centaines.
Un très beau roman, écrit dans une prose simple, sans pathos ni mélodrame, l’histoire d’un peuple, fier et savant, réduit à l’esclavage par la bêtise et la méchanceté des hommes blancs.
Pierre-Pascal Bruneau
Au coeur des eaux secrètes, Œuvres choisies de Marie N’Diaye
Gallimard, Quarto
Date de parution : 19 février 2026
ISBN : 9782073084279, 1216 pages
» La langue envoûtante de l’écrivaine produit bien sa magie à la lecture des textes réunis dans Eaux secrètes, le « Quarto » qui lui est consacré. C’est l’occasion d’une conversation avec l’autrice, autour des singularités et des obsessions qui habitent son œuvre. » Raphaëlle Leyris, Le Monde des Livres
Au cœur des œuvres emblématiques de Marie NDiaye réunies dans cette édition se trouvent des histoires de femmes, aux caractères forts et toujours ambivalents, qui essaient d’échapper à la réalité les entourant. L’étrangeté des relations et le mystère des événements s’insinuent dans les destins de ses personnages et se transmettent de génération en génération. L’entrée dans l’univers de Marie NDiaye s’accomplit par une immersion dans les émotions les plus inquiétantes, mais aussi dans une apparente douceur que sa langue évoque. Il faut oser franchir les eaux secrètes de son écriture pour comprendre que la frontière entre vie réelle et irréelle, rêve et cauchemar, visible et invisible, est très poreuse. Pour ce volume, une galerie de documents inédits issus des archives personnelles de l’écrivaine nous accompagne dans une traversée mystique. On y découvre les lieux de sa vie, ainsi que les oeuvres qui ont inspiré sa créativité si singulière. (Note de l’éditeur)
ESSAIS
La Femme endettée. A l’ombre de la finance mondialisée, Isabelle Guérin
Éditions La Découverte, « Economie politique »
Date de parution : 12 février 2026
ISBN : 9782348085253, 256 pages
» La charge du remboursement constitue une autre facette de la division sexuelle de la dette. Bien avant les discours d’équité ou d’émancipation mis en avant par les promoteurs du microcrédit, l’éthique féminine du remboursement a joué un rôle central. Constatant que les femmes remboursaient mieux et étaient plus faciles à encadrer, les agents de crédit (à l’origine majoritairement des hommes) ont recommandé un ciblage prioritaire des clientes. » Extrait du chapitre « Une spécialisation dans le remboursement : faire payer les femmes » p.46
Qui sont les vrais piliers du monde de la finance ? S’agit-il des banquiers d’affaires, des patrons de fonds d’investissements ou de cette poignée d’hommes d’affaires, richissimes, qui contrôle le monde ? Isabelle Guérin nous dit et nous le démontre : les piliers du monde de la finance, ce sont les femmes. La femme endettée, celle qui gère les finances des ménages, celle qui se préoccupe de savoir comment le prêt hypothécaire contracté pour l’achat de la maison ou les crédits à la consommation seront remboursés, comment le compte d’épargne spécialement dédié au financement des études des enfants sera alimenté, c’est elle qui est le rouage essentiel du monde de la finance.
L’autrice, qui a mené l’enquête en Afrique et en Inde, montre que c’est par l’endettement, géré par la mère de famille, que sont compensées faiblesse croissante de revenus et précarité. Elle dénonce le patriarcat comme « régime de dette permanent ». La dette n’est aussi pas uniquement monétaire; de nombreuses femmes se sentent de plus constamment redevables de « quelque chose » envers leurs enfants, leur mari, et bien sûr les établissements financiers. Loin des marchés boursiers et des mega transactions financières, Isabelle Guérin montre comment toutes ses femmes contribuent, dans la douleur, à l’équilibre financier mondial. Passionnant !
Pierre-Pascal Bruneau
La littérature d’ameublement, Mathieu Terence
Les éditions du Cerf
Date de parution : 19 Mars 2026
ISBN : 9782204174800
« Comme il y a des photos de poumons pourris sur les paquets de cigarettes pour prévenir des conséquences, il devrait y avoir un cerveau de crevette, un crâne de puce, sur la couverture des exemplaires de la littérature d’ameublement. » p. 58
Voilà une satire bien enlevée ! Mathieu Terence se revendique, dès le titre, de Julien Gracq, André Schiffrin ou Erik Satie, mais il s’agit bien de notre monde. L’auteur dénonce clairement ce qu’est, selon lui, en train de devenir « la littérature ». Nous serions donc à un point de l’histoire où de trop nombreux auteurs sont en fait des « livreurs », sommés de produire ce qui plaira au plus grand nombre, afin d’enrichir « l’Entreprise Editoriale ». La démonstration est vive, les arguments sont percutants ; peut-être un peu exagérés, mais c’est la règle de ce genre de texte. Heureusement, nul nom n’est cité, ce qui permet au lecteur de choisir sa cible. Souvent féroce à propos des ces « livreurs » ou des rouages du commerce, l’auteur n’en reste pas moins drôle et, finalement, cruellement lucide. Cependant, tout n’est pas perdu et l’objet ultime de cette colère est d’affirmer la nécessité et la beauté de l’art littéraire. Dans un monde où la valeur la plus reconnue est souvent celle de l’argent, Mathieu Terence lance un intéressant cri de liberté.
Véronique Fouminet
Morgane : Fée puissante, sorcière savante, femme libre, Emanuele Arioli
JC Lattès Essais Et Documents
Date de parution : 4 Mars 2026
ISBN : 9782709676274, 288 pages
« Je suis la colère de celles qu’on a vendues, violées, torturées.
Je suis plus ancienne que leurs trônes,
Mais mon nom est nouveau :
« Morgane ». » p. 110
Que l’on soit féru d’histoire médiévale ou non, chacun connaît les noms du roi Arthur et de sa (demi)sœur la fée Morgane. Le nom, oui ; les grands exploits d’Arthur, souvent, mais que sait-on de Morgane ? Le plus souvent considérée comme terrible sorcière ou apaisante fée, son histoire est peu connue. De fait, non seulement femme mais aussi puissamment dangereuse, aucun roman ne la présente en personnage principal. Voilà pourquoi le travail de Emmanuele Arioli est remarquable. Il nous avait déjà surpris et charmés grâce à Ségurant, le chevalier au dragon (Les Belles Lettres, 2023).
(Les Belles Lettres, 2024). Cette fois, ce spécialiste nous permet de rencontrer Morgane. Il a réuni et (re)traduit huit manuscrits différents afin de lui rendre toute son ampleur et de reconstituer toute son histoire. Le lecteur découvre alors une femme qui refuse les codes que la société lui impose et dont le savoir, la magie deviennent de plus en plus maléfiques, comme expression de sa résistance. Il ne lui manquait plus que de le dire elle-même ; c’est désormais chose faite ! Chaque chapitre est clos par les propos que Emmanuele Arioli fait chanter à Morgane. Les textes sont, de plus, accompagnés de très belles illustrations. Les notes et le glossaire en fin de volume permettent d’approfondir la lecture. Un roman très agréable à lire, magnifique ouvrage à regarder, bel hommage à l’incroyable Morgane.
Véronique Fouminet
Collection « Ma nuit au musée » (Stock)
Le parfum des années, Evelyne Bloch-Dano
Stock, collection Ma nuit au musée
Date de parution : 18 mars 2026
ISBN : 9782234098336, 240 pages
» Le compte à rebours a débuté. C’est dans une semaine. Mes craintes se sont évanouies, j’ai hâte d’y être. J’ai enregistré sur mon ordinateur quelques musiques, Erik Satie, Reynaldo Hahn, Le Chant de la terre de Gustav Mahler par Jonas Kaufmann, mais aussi les Beatles, Neil Young et Grateful Dead, vieilles lunes toujours jeunes, au cas où les « bulles de silence » seraient oppressantes, et bien sûr, l’incontournable Sonate pour piano et violon en la majeur de César Franck qui aurait (en partie) inspiré la sonate de Vinteuil. Oui, je veux que tout soit facile. »
Évelyne Bloch-Dano est l’autrice de nombreuses biographies comme Madame Zola (Grasset, 1997), Madame Proust (Grasset, 2004, Prix Renaudot de l’essai), ou Une jeunesse de Marcel Proust (Stock, 2017), essais et récits en lien avec la littérature, La petite Fadette de George Sand ou Le dernier amour de George Sand (Grasset). Elle a choisi de passer la nuit à la Villa du Temps Retrouvé, à Cabourg. La référence est évidemment proustienne. On sait combien Proust aimait passer du temps au Grand Hôtel de Cabourg, source d’inspiration pour la station balnéaire imaginaire de Balbec et ses jeunes filles en fleurs. Bien entendu, la Villa du Temps Retrouvé fait la part belle à l’auteur de la Recherche. Pour autant, la Villa est grandement consacrée à la vie des stations balnéaires de la Belle Époque.
La vocation de la Villa (https://villadutempsretrouve.
Quoi de plus évident, lorsque l’on passe une nuit dans un musée, que d’appeler le fantôme des personnages illustres qui hantent les pièces de ces lieux de mémoire; c’est ce que fait, avec talent, Évelyne Bloch-Dano, en nous offrant de partager, pour un moment, leurs souvenirs et leurs combats.
Pierre-Pascal Bruneau
L’imparfait, Éric Reinhardt
Stock Ma Nuit Au Musée
Date de parution : 7 Janvier 2026
ISBN : 9782234097261
« Le Bernin piège et étonne le regardeur par l’agencement, le traitement même de la matière, indépendamment du dessin, j’allais dire de la phrase. Moi qui suis un adepte, dans mon propre travail, des formes composites et des ruptures (…), moi qui aime entrelacer plusieurs lignes narratives (…), cette sculpture du Bernin me fascine. » pp. 163-164
Pour cet opus de l’excellente collection « Ma nuit au Musée », Éric Reinhardt a choisi de passer une nuit, à Rome, dans la Galleria Borghese. Cela donne l’occasion de lire d’excellentes descriptions, aussi sensuelles que précises, des différentes œuvres, en particulier les magnifiques Apollon et Daphné ou L’enlèvement de Proserpine du Bernin. La pièce maîtresse, le but ultime de cette nuit est l’Hermaphrodite endormi. Le souhait de l’écrivain est tout aussi intime qu’interdit : s’allonger tout près de la sculpture, sous la même couette ! Voilà pourquoi il a avec lui une grosse valise… Le lecteur s’amuse des stratagèmes burlesques et autres rebondissements que ce but suscite. Mais cela ne suffit pas à ce visiteur particulier, en plus de rappeler l’histoire de cette sculpture, de nous en expliquer les détails, il entremêle un autre récit. Dès le début, Éric Reinhardt développe l’histoire de deux autres personnages, fictifs, afin de revivifier le mythe de l’hermaphrodite. Le lecteur est en même temps plongé dans l’admiration des œuvres et curieux du destin de ces étonnants personnages. Un texte aussi baroque que les œuvres de la Galleria Borghese, qui mêle adroitement admiration, érudition, drôlerie, invention et réflexions sur l’art dans un florilège de genres. Une belle nuit !
Véronique Fouminet
Bandes Dessinées
La Marche des femmes, Michelle Perrot, Annick Cojean (Scénario), Sophie Couturier (Scénario), Emma Ere (Dessins)
Albin Michel
Date de parution : le 4 mars 2026
ISBN : 9782226496508, 168 pages
Historienne, pionnière et grande figure de l’Histoire des femmes, Michelle Perrot est contactée par la jeune Romy qu’elle décide de conduire à travers Paris à la rencontre de femmes célèbres ou oubliées et de leurs parcours si souvent entravés.
Une traversée trépidante où les générations se rencontrent, se répondent, parfois se confrontent… pour mieux comprendre les mécanismes de l’invisibilisation des femmes et découvrir combien fut longue la marche pour leurs droits.
Une formidable invitation à en poursuivre la conquête. Et à reprendre le flambeau. (Note de l’éditeur)
JEUNESSE
Nous qui avons connu Solange, Marie Vareille, à partir de 16 ans
Flammarion
Date de parution : 11 mars 2026
ISBN : 9782080476418
« J’entendais des voix chuchoter. Je ne savais pas si elles venaient de mes sœurs d’infortune, enfermées avec moi. Je ne crois pas. J’ai le sentiment qu’elles m’appelaient depuis l’autre côté : celui de l’irréalité. » p.139
L’autrice de La vie rêvée des chaussettes orphelines (Éditions Charleston, 2024) et de Désenchantées (Éditions Charleston, 2022), nous transporte en Corrèze sur une période qui se déroule de la fin du XIXème siècle à nos jours. Célestine, vient d’avoir 105 ans. Elle porte depuis bien longtemps un terrible secret. Au crépuscule de sa vie, elle décide de tout raconter à Manon, sa petite nièce. Manon est la fille de Jeanne et la petite fille de Solange. À Sarégnac, village de Corrèze, près de Brive, on la surnommait « la folle ». Marie Vareille, dans ce long roman, raconte la vie de plusieurs générations de femmes, dominées par Alphonse, un horrible patriarche, méchant, paresseux et vindicatif. L’autrice décrit avec beaucoup de précision et de talent la vie dans ces campagnes, à une époque, et pour longtemps, où les femmes, dès le plus jeune âge étaient contraintes, véritables bêtes de somme, en plus de tout faire à la maison, de travailler aux champs. Ce ne sera qu’à la cinquième génération, celle de Manon, que l’émancipation et la liberté de disposer de soi-même viendra. La vie de Solange, en particulier, violée quatorze ans par des Allemands en déroute, est la mère de Jeanne, qu’elle adore et vénère. Mais Solange, qui est un volcan, une insoumise violente, dérange. L’ignoble Alphonse la fait interner et elle passera sept années, jusqu’à sa majorité dans un effroyable asile d’aliénés tenu par des sœurs. Quels seront les destins de Jeanne et de sa mère Solange ? Quel rôle Célestine jouera dans cette longue saga familiale ? Comme ceux de Sarégnac, ceux « Qui ont connu Solange », vous le saurez en lisant le dernier livre de Marie Vareille.
Pierre-Pascal Bruneau
La politique, c’est quoi ? Lucie Lemoine, Marie Dortier (à partir de 6 ans)
Éditions Sciences Humaines
Date de parution : le 26 mars 2026
ISBN : 9782361069681, 56 pages
Un livre ludique et pédagogique pour expliquer aux enfants les tenants et les aboutissants de la politique, dans une société où elle est de plus en plus présente dans les médias de toutes sortes (télévision, réseaux sociaux, Youtube…).
– Un indispensable pour permettre à l’enfant de comprendre ce qu’il entend et ce qu’il voit, et lui apprendre à réfléchir par lui-même, voire passer à l’action.
Qu’est-ce que la politique ? Est-elle inhérente à la vie en communauté ? Où la démocratie est-elle née ? Prend-elle…Qu’est-ce que la politique ? Est-elle inhérente à la vie en communauté ? Où la démocratie est-elle née ? Prend-elle… (Note de l’auteur)
Dors bien, mon petit lapin, Carmen Saldana
Gallimard Jeunesse Petite Enfance
date de parution : le 19 mars 2026
ISBN : 9782075240062
Un livre qui se transforme en veilleuse, pour accompagner en douceur le coucher des petits
Il est l’heure de dormir dans la forêt de Doux-Sommell, mais ce soir, les animaux ne veulent pas se coucher ! Heureusement, grâce à sa lanterne magique, madame Chouette pourra peut-être les aider… (Note de l’éditeur)